Le Monarque impuissant
La bourse s’effondre, et Sarkozy masque. A l’instar de John McCain, le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine, il n’y connaît pas grand chose à la finance mondiale, à l’exception des signes extérieurs de richesses qu’elle peut procurer dans les belles années. Quand une banque d’affaires créée il y a 158 ans disparaît en un week-end avec ces 700 milliards de dollars d’actifs, il ne dit mot. Quand le premier assureur mondial manque de disparaître, sauvé par le gong d’une nationalisation sans précédent par l’Etat fédéral américain, il ne dit rien. Quand les Bourses américaine, asiatiques et européennes continuent de chuter, il ne dit toujours rien.
Mardi, au plus fort de la crise, il préfère jouer à Jack Bauer ("24H Chrono") depuis son bureau, et se mettre en scène devant les caméras. Un journaliste lui demande : "et la faillite de LEHMAN BROTHERS ?" Sourire crispé, Sarkozy rétorque à voix basse : "On a eu une petite nuit, et il faut être très reposé pour affronter la crise financière internationale . J’aurais l’occasion de m’exprimer sur le sujet dans les jours et les semaines qui viennent." Son homologue américain n’a heureusement pas attendu 15 jours pour se reposer. Bush a annoncé vendredi la mise sous tutelle des banques américaines, après avoir accepté de nationaliser (pour 70 milliards de dollars) l’assureur AIG. Samedi, il présentait les détails de son plan de sauvetage.
Sarkozy aurait pu parler de sa préoccupation, annoncer des mesures de soutien aux PME et aux ménages qui risquent de pâtir d’un resserrement général des conditions de crédit dans les mois à venir. Il aurait pu dire qu’il allait aider les banques françaises à nettoyer leurs bilans, comme le Trésor américain s’apprête à le négocier aux Etats-Unis.
Sarkozy aurait pu dire quelque chose sur la plus grave crise boursière depuis 1929. Il nous laisse Christine Lagarde expliquer que les banques françaises sont saines. 9 mois après le scandale de la Société Générale, on croit rêver.
Pour masquer ces renoncements et autres impuissances, Nicolas Sarkozy utilise deux parades : distraire l’opinion et désigner des coupables.
Quelque soit le sujet, Nicolas Sarkozy a eu aussi besoin d’un bouc-émissaire. Depuis 72 semaines, il a attaqué les chômeurs, les seniors, les instituteurs, les militaires, les sans-papiers, les retraités, les jeunes, ou les banlieues. Vendredi, il a présenté son plan de réforme de santé. Il a choisi son angle favori : la traque aux fraudeurs à l’assurance-maladie. Comme si l’équilibre des comptes de la Sécurité Sociales passait par là. Il y a 6 mois déjà, pour réduire les droits et indemnités des chômeurs, il avait stigmatisé les fraudeurs. Pour la Sécu, même méthode inique. Il réclame des "pénalités plancher" contre les fraudeurs à l’assurance maladie.
Son paquet fiscal de l’été 2007 a creusé le déficit de la Sécu, mais chut ! C’est un secret. Les déficalisations des heures supplémentaires coûtent 150 millions d’euros par mois aux comptes sociaux. Chut !!
Surpris par des sondages très rapidement exécrables, Sarkozy a compris la leçon. Il s’est enfermé dans sa tour d’ivoire, celle des copains et des grands discours. Petite différence avec son prédécesseur Jacques Chirac qui alliait hauteur et immobilisme, Sarkozy mêle agitation et incompétence.
22/09/08 - 16:48
Bigwolf, comme vous je partage de vos points de vue et une réserve et des craintes plus que grandes quant à notre président...mais ne craignez vous pas de faire une obsession...
warf