la révolution conservatrice.
Elle est là : brutale, résolue, déterminée. Elle est tellement évidente que nous ne la voyons plus : la révolution conservatrice.
Honte, lâcheté, désespoir ou collaboration : pour des raisons diverses, tous ceux qui devraient résister se taisent. Et la droite, sans aucune résistance, éradique une à une toutes les poches de résistance de gauche.
Je dramatise ? Non. Que voyons-nous depuis un an ?
une stratégie d’ « ouverture » dont le seul objectif (pleinement atteint) a été de déstabiliser et de discréditer le Parti socialiste ;
un soutien affiché au pôle de gauche radicale et un Président de la République qui nous affirme, rigolard, qu’il va « faire à la gauche ce qu’elle a fait avec le Front national », et que la gauche ne gagnera plus jamais une élection nationale ;
un redécoupage électoral bien discret et bien efficace confié à un Pasqua Boy ;
des cadeaux fiscaux aux amis riches et la mise en place d’une connivence affichée entre le pouvoir de droite, le pouvoir médiatique et le pouvoir financier ;
des pauvres et des classes moyennes écrasés par la baisse du pouvoir d’achat, sommés de travailler toujours plus pour gagner toujours moins, tout en perdant progressivement leurs sécurités (assurance maladie, assurance chômage, etc.) ;
Internet : mis au pas, contrôlé, fliqué, et attaques récurrentes contre la blogosphère...
Et surtout, surtout, la mise au pas, violente, méthodique :
les professeurs : 50 000 postes supprimés en deux ans, ridiculisés, moqués, coupés de la population ;
les chercheurs au désespoir, manque de crédits, manque de postes ;
une incroyable mise au pas des hauts fonctionnaires ;
les cheminots : mouvement brisé. Mise en place du service minimum pour empêcher toute possibilité de résistance ;
les journalistes : service public bientôt brisé, sans ressources, entièrement dépendant du bon vouloir de l’Etat, nommination directe du Président de France Télévision par le Président de la République, l’AFP qui tangue ;
les syndicats, provoqués, humiliés dans la discussion sur le temps de travail...
Et la liste n’est pas complète... C’est bien simple : ils vont les prendre un par un, et les mettre en pièces, les bastions de la gauche.
Et une gauche perdue, qui n’ose pas y croire... qui pense que la raison est d’accepter la "réforme", qui a perdu la bataille idéologique, qui ne sait plus où elle habite.
Il est temps de retourner dans les luttes. Il est temps de ressusciter l’esprit de résistance. Il est teps de se rappeler que la gauche c’est le parti de ceux qui n’ont rien, et qui ont le courage d’avancer bravement contre l’ordre établi. Bien sûr que c’est une lutte, comment avons-nous pu l’oublier.
Ils ne l’ont pas oublié, eux...
Raphaël Anglade.
http://www.conseilnationaldelaresistance.fr/