Quand les blondes s'en mêlent ...
Anne-Sophie Lapix nous a récemment époustouflé d'indépendance en interrogeant le premier ministre de façon on ne peut plus incisive.
"N'est-ce pas dangereux de réagir à chaud ?", a-t-elle en effet posé comme première question, à propos de l'affaire du pédophile récidiviste, enchaînant après la réponse de Fillon par : "bravo pour la réactivité, mais une politique se définit-elle en fonction de faits divers?", ce qui est une sacrément opportune interrogation, avant de poursuivre son festival par une troisième question tout autant embarrassante pour le chef du gouvernement : "les reconduites à la frontières de sans-papiers ne sont pas bien perçues par les Français, n'est-ce-pas ?" Et la voilà qui parle du "moral des Français" qui n'est plus "au beau fixe", de "la rentrée qui semble un peu ternie", de la croissance qui a "nettement ralenti", osant suggérer qu'il faudrait peut-être "réviser les prévisions, être un peu moins optimiste". Pire, elle assène cette incroyable question, à propos du crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunts immobiliers : "Est-ce qu'il y a encore d'autres promesses comme ça, de Nicolas Sarkozy, susceptibles d'être invalidées par le Conseil constitutionnel, et donc qui ne tiennent pas la route ?" Fillon a tenté de protester : "Eh non, attendez, c'est pas parce qu'une promesse est invalidée par le Conseil constitutionnel qu'elle ne tient pas la route !" Mais il n'aura pas le dernier mot : "En attendant, elle ne peut pas être appliquée", rétorque la blonde journaliste, lui clouant le bec. Grand moment. On se pinçait de regarder TF1 !
Pendant " La Matinale " sur Canal +, la journaliste Caroline Roux s'est mise en vedette lors de l'interview sans concession de Bernard Accoyer, président UMP de l'Assemblée nationale, qui tentait de justifier la non-audition de Cécilia devant la Commission parlementaire.
Accoyer parle d' "envoyée personnel du président" ? "Ca n'existe pas, dans la constitution, envoyé spécial du président", tranche la jeune femme. Il invoque "la séparation des pouvoirs" ? "Qui ne concerne pas l'épouse du président", complète-t-elle, impitoyable. Accoyer est sonné. Coup de grâce : "Ce que je ne comprends pas quand même, excusez-moi, c'est qu'en tant que président de l'Assemblée nationale, ça ne vous dérange pas que Cécilia Sarkozy parle à L'Est républicain (journal dans lequel elle raconte sa négociation libyenne de-50-heures-sans-interprète) mais refuse de le faire devant les députés !" N'y aurait-il à la télévision que les femmes journalistes pour oser les vraies questions ? Précision : non, on ne parlera pas ici de Claire Chazal, dite le blond ectoplasme sarkoziste.