Mariage et adoption des couples homosexuels: pour Nicolas Sarkozy, c'est non

Les dernières déclarations du président de l'UMP sur le mariage et l'adoption par des couples homosexuels explique peut-être mieux pourquoi Nicolas Sarkozy hésite depuis si longtemps à accorder une interview à Têtu.Le candidat UMP à l'élection présidentielle prend position clairement contre le mariage et l'adoption par des couples du même sexe, tout en prônant une réforme du Pacs pour obtenir une «égalité sur le plan financier». «J'y ai beaucoup réfléchi et j'y suis opposé [...] C'est clair et précis», explique-t-il à propos du mariage et de l'adoption. «Le modèle qui est le nôtre doit rester celui d'une famille hétérosexuelle: les enfants ont besoin d'un père et d'une mère», poursuit-il, reprenant à son compte les positions de Jacques Chirac, mais aussi celles de l'entente parlementaire UMP/UDF contre le mariage des couples homos qui depuis janvier dernier se bat pour contrer toute velléité d'ouverture à droite. Pour contrebalancer cette position –et après les avoir discriminé en leur refusant le droit de se marier ou d'adopter, Nicolas Sarkozy rappelle (il l'avait déjà écrit dans Témoignage, son dernier opus), qu'il est «profondément hostile» à toute forme de discrimination. «Les homosexuels ne doivent pas en subir. C'est pourquoi je suis partisan de l'égalité sur le plan financier», poursuit-il. Il faut «créer un système qui, sur le plan fiscal, patrimonial et successoral, garantisse l'égalité entre un couple hétérosexuel et un couple homosexuel». Les réactions n'ont pas tardé. «Ainsi Nicolas Sarkozy a-t-il finalement tranché, après avoir laissé entendre avant l'été que sa réflexion n'était pas mûre», écrit l'Inter-LGBT qui déplore l'impossible dialogue avec Nicolas Sarkozy sur les questions liées au couple et à la parentalité. Le ministre de l'Intérieur avait en effet annulé son rendez-vous avec l'Inter-LGBT à la veille de la Marche des fiertés fin juin. «Néanmoins, le projet de loi de finances pour 2007 lui donne une occasion en or pour appliquer la seule idée qu'il s'apprête à défendre en faveur des couples de même sexe: l'égalité financière. L'Inter-LGBT espère que le président de l'UMP saura convaincre le gouvernement.» Le mouvement LGBT associé au l'UMP, GayLib, qui réclamait clairement le mariage et l'adoption pour les homos, estime que «Nicolas Sarkozy n'a pas pris en considération la diversité de nos familles». Son président, Stéphane Dassé, veut néanmoins voir dans ces déclarations «la définition du périmètre du débat, une porte ouverte qui nous appelle à la créativité, pour inventer ce que peut être l'après-Pacs. Mais notre mouvement va au-delà dans ses revendications. Nicolas Sarkozy reste notre principal allié à l'UMP.» Un allié qui ne semble pas prendre à son compte les principales revendications de GayLib.

Le leader d'Alliance nationale signe la préface italienne du livre de Nicolas Sarkozy
Peu connu pour son ouverture d'esprit, en particulier sur le sort des immigrés et des homosexuels,c'est Gianfranco Fini, le président d'Alliance nationale, parti de droite nationale conservatrice, héritier des fascistes, qui préface l'édition italienne de Témoignage, le livre de Nicolas Sarkozy, paru en France en juillet 2006. «Sarkozy a géré ses batailles avec une attitude raisonnée et ferme, faisant preuve d'une force de volonté formidable, lit-on dans l'introduction. Une caractéristique qui l'a aidé à surmonter les phases très dures de sa vie, qui ne lui ont pas empêché de polémiquer âprement avec Jacques Chirac. Non pas un duel mais une confrontation entre deux visions différentes du gaullisme, de la politique et de l'État.» La présentation aux lecteurs italiens se conclut par des vœux: «Nicolas mérite une large majorité présidentielle pour l'Élysée. De sa part, on peut tirer des idées, des trouvailles, des notes et des expériences utiles pour le travail de la droite italienne.»(...)“ Aucune égalité n’est possible pour les couples homos ”. La phrase sort de la bouche de Gianfranco Fini, invité sur l'une des chaînes de télévision de Berlusconi, pour discuter de paternité. Le chef de Alleanza Nazionale, le parti des neveux moraux de Mussolini.Pendant l’émission, un journaliste néerlandais interroge Fini sur le document anti-gay du cardinal Ratzinger, qui donne des indications de comportement aux politiques. Fini réplique : “ On ne peux pas contester à l’Eglise son droit et son devoir d’exposer des positions étiques. Ce n’est pas un Etat ou le gouvernement d’un autre pays qui intervient ”. Et d'ajouter: “ La famille naturelle et celle composée de deux personnes du même sexe ne peuvent être mises sur le même niveau ”. Il y a quelques années, dans la même émission, Fini avait déclaré qu’il “ faudrait interdire aux gays d’être instituteurs ”. Aujourd’hui il corrige : “ Si un gay est maître d’école, il ne doit pas imposer son homosexualité comme modèle à l’enfant. Regardez les hétéros, ils ne s’obstinent pas à montrer leur hétérosexualité, car elle est la normalité ”.

30/01/07 - 17:16
merci
pirlouit