31/05/2007
Opinion de gauche...
Le gouvernement Sarkozy-Fillon est, comme on le savait, un gouvernement de combat contre la classe ouvrière et les libertés publiques. C’est pour cela un gouvernement bonapartiste, cherchant à restaurer une relation directe entre "le peuple" et "le président" pour parvenir à ses fins. L’essentiel pour lui reste à faire, aussi le président Sarkozy doit-il se mettre systématiquement en première ligne, dans une sorte de retour caricatural et bégayant aux sources de la V° République, et avec le risque politique que cela comporte à terme.
Sa structure est fonction de son programme : la liquidation du ministère de la Fonction publique dans celui du Budget, par exemple, vaut tous les programmes.
Fillon, Juppé, sont les noms clefs de ce gouvernement : nous avons là le contenu réel de la "rupture". On peut, certes, ironiser sur cette prétendue "rupture" avec le personnel politique chiraquien, puisqu’il n’y a pas de rupture sur ce plan, mais ce serait passer à côté de l’essentiel.
Fillon a donné son nom à plusieurs lois clefs qui ont amorcé la modification des rapports sociaux en France dans le sens de la liquidation des droits sociaux conquis au XX° siècle : loi contre les retraites, loi contre l’école, loi contre les conventions collectives de branche au profit des accords d’entreprises, nombreuses sont les "lois Fillon" dont l’abrogation est au programme des défenseurs de la classe ouvrière.
Juppé quant à lui a donné son nom au "plan Juppé" qui avait produit la première de ces poussées vers la grève générale qui ont marqué l’histoire récente de notre pays, en 1995. Il en était resté "droit dans ses bottes", mais sonné et battu politiquement, sauf que la "gauche plurielle", victorieuse des élections législatives de 1997 suite à ces évènements, avait maintenu le plan Juppé, permettant à Fillon de le parachever ultérieurement, en 2003.
Fillon et Juppé sont donc des noms clefs, des noms qui signifient la réaction contre les conquêtes sociales majeures du siècle dernier. La "rupture" réside ici dans la continuité réaffirmée du choix de ces noms : ils veulent continuer la casse, battre les salariés, achever leur œuvre.
La clef de voûte du programme de ce gouvernement est le nouveau "contrat unique" de travail : il s’agit de modifier brutalement les rapports sociaux, les relations de travail, en faveur des patrons et contre leurs salariés (les mesures annoncées pour déréguler encore plus les heures supplémentaires, au delà du brouillard démagogique qui les entoure, vont dans le même sens). Le contrat unique de travail vise à faire rentrer la précarité et l’acceptation de la flexibilité totale des horaires dans les reins des travailleurs. Sa mise en œuvre ne se présente toutefois pas de manière si simple : mixte du CNE (Contrat Nouvelle Embauche) laissé en héritage par De Villepin, et de "sécurité sociale professionnelle" à la Thibault et à la Royal, ses contours sont encore mal définis.
Pour qu’il y ait modification profonde, réelle, des relations de travail, il faut s’attaquer au droit de grève. Il s’agit de mettre fin aux mouvements de la classe ouvrière et de la jeunesse de France qui, cherchant à se centraliser contre le pouvoir, ont régulièrement effrayé nos classes dirigeantes à des intervalles de plus en plus rapprochés ces dernières années (1995, 2003, 2006) : c’est cela, le spectre de "mai 68" dont Sarkozy veut débarrasser les siens (et non pas les yupies et les golden boys prétendument "soixante-huitards" dont il vient de nommer un spécimen notoire aux Affaires étrangères).
L’affaire n’est pas simple, mais elle passe centralement par l’attaque contre le droit de grève et la révision des contrats de travail. Le contrat serait de plus en plus individuel (y compris sous l’alibi de la "sécurisation du parcours professionnel") mais le droit de grève devrait l’être de moins en moins : au centre des projets gouvernementaux, dans les cartons, il y a ce projet d’instaurer un vote secret sous contrôle d’huissier dans les entreprises au bout d’un certain nombre de jours de grève (huit, dit-on). L’inspiration est thatchérienne : dés son arrivée au pouvoir Thatcher avait légiféré ainsi contre le droit de grève, mais sa loi n’était rentrée dans la vie que 5 ans après, suite à la défaite des mineurs après 2 ans de grève "illégale". Les projets menaçant les cheminots et les traminots ainsi que les enseignants sont des pas sur la voie qui vise à corseter les grèves dans les entreprises pour tenter d’interdire les assemblées générales, les comités de grèves élus comme récemment à Citroën Aulnay, les piquets de grèves indispensables pour faire respecter la démocratie de la grève, et réduire l’indépendance, voire l’existence, des sections syndicales.
Pour avancer dans cette voie, le gouvernement n’a pas d’autre moyen que de tenter d’exciter la base sociale du sarkozysme, petite bourgeoisie et secteurs atomisés et désorientés, minoritaires mais importants, de la classe ouvrière, intégrant la base sociale du Front national comme son avant-garde, pour isoler les premiers secteurs visés -fonctionnaires d’une part, soumis en outre à des réductions massives de postes qui vont entraîner rapidement une désorganisation aggravée des services dont on tentera de les rendre responsables, sans-papiers, familles expulsables et couches paupérisées et surexploitées souvent d’origine immigrée, d’autre part. Cette méthode politique souffre cependant de deux faiblesses notables.
L’une est qu’elle ne peut à terme que décevoir cette base sociale. Ceux qui s’imaginent que les trains vont arrivé à l’heure vont déchanter, car d’ores et déjà les retards de trains ne sont pas dus aux grèves mais au démantèlement du service public que les grèves ralentissent. Seulement, on ne peut attendre cette déception là : car son arrivée signifierait que Sarkozy serait parvenu à ses fins et elle pourrait entraîner ces couches sociales vers des "solutions" plus réactionnaires et menaçantes encore.
L’autre est que dans l’immédiat, le gouvernement sait qu’il n’est pas si fort, qu’il lui reste à transformer l’essai, à faire passer son programme dans la vie, et qu’il doit semer la confusion en s’appuyant sur la politique des dirigeants de la gauche et des centrales syndicales qui ont accepté de l’investir en allant tirer leur révérence au nouveau président avant même la passation des pouvoirs de Chirac à Sarkozy.
Ces bonnes âmes qui ont donné des leçons de prétendue démocratie aux secteurs de la jeunesse qui se sont immédiatement insurgés contre l’élection de Sarkozy, les appelant à "respecter le verdict des urnes", ne respectent pourtant pas celui-ci : par avance, elles acceptent la loi de la V° République, concrétisée dans le calendrier mis en place par L.Jospin qui fait se suivre présidentielles et législatives, selon laquelle l’élection des députés ne doit pas consister à voter pour ou contre un programme et pour des choix politiques mais à nominer les courtisans de sa Majesté.
Sarkozy n’a évidemment pas été élu pour cohabiter. Si sa défaite aux législatives doit être un impensé, c’est parce qu’elle est impensable pour la bourgeoisie. Nul doute, évidemment, que les élus PS qui seraient dans ce cas là majoritaires plaideraient la cohabitation, mais la réalité, ce serait que les cartes seraient rebattues, que la crise de la V° République, que la "rupture" de Sarkozy vise à conjurer, entrerait dans une nouvelle phase, qu’un puissant appel d’air serait donné à la lutte sociale directe pour défaire Sarkozy.
Le chemin qui mène à l’affrontement avec Sarkozy pour le défaire ne saurait esquiver les élections législatives. Le discours selon lequel il faut d’abord "reconstruire", "refonder", "aller au bout du travail de deuil", avant de contre-attaquer séparer la théorie de la réalité : aucune refondation ne naîtra du repli en dehors de la lutte réelle qui de toute façon nous est imposée.
Inévitablement, dans les trois semaines qui viennent, les couches profondes de ce pays qui n’ont pas digéré son élection, malgré le brouillard ininterrompu de confusion et de gesticulations dans les sommets du PS et de la gauche, vont à nouveau chercher à se grouper sur le terrain électoral. Une victoire sur Sarkozy sur ce terrain est difficile, mais uniquement à cause des dirigeants. Ce ne serait pas leur victoire à eux, mais la nôtre.
Organisons-nous pour défaire Sarkozy !
Résistance citoyenne.
Désobéissance civile.
Insurrection démocratique.
Législatives 2007
MARTIN HIRSCH. Il n'y a pas si longtemps...
Un hôtel Formule 1, quelque part entre le périph’ parisien, les puces de Saint-Ouen et un échangeur d’autoroute. C’est là que la préfecture a provisoirement relogé les soixante-dix habitants du squat de la rue de la Fraternité, à Paris, fraternellement expulsés le 2 septembre. Un Formule 1 ? Le bureaucrate qui a trouvé cette idée mérite une prime de rendement : pas de cuisine où faire à manger, aucun espace où se réunir à part le distributeur de chips, pas de riverains pour se plaindre, tout ça à un tarif imbattable. Les organisations de soutien aux familles (DAL, LDH...) leur avaient déconseillé cette solution miracle.
Heureusement, Martin Hirsch veillait au grain. Le président d’Emmaüs fit prévaloir qu’un cube-étape pour VRP, c’était toujours mieux que camper dans un square, qu’il garantissait le suivi des promesses préfectorales quant à un relogement définitif, qu’il fallait pas non plus demander la lune. Le bon Hirsch ! Toujours prêt à remettre de l’huile dans le moteur quand ça tousse trop fort. Avec ça, pas du genre à se faire du mauvais sang. Après l’incendie du boulevard Vincent-Auriol (dix-neuf morts), d’autres que lui se seraient exilés dans un ashram avec un sac sur la tête.
Après tout, Emmaüs était à la fois propriétaire et gestionnaire de cet immeuble notoirement pourri. Après tout, elle extorquait à chaque famille 400 euros de loyer en échange d’un entretien inexistant et de réparations jamais effectuées.
Après tout, la façon dont la fondation gère son parc de logements « sociaux » est parfois plus proche d’un syndic véreux que des gentils compagnons de l’abbé Pierre.
Comme à Mantes-la-Jolie, où les HLM Emmaüs du domaine de la Vallée sont à ce point déglingués - moisissures, chauffage en panne, ventilateurs cassés, malfaçons diverses, factures EDF exorbitantes - que les locataires ont menacé de bloquer le paiement des loyers.
Mais si on peut à l’aise vilipender les marchands de sommeil, c’est une autre affaire de chercher des poux dans l’honorable tonsure d’Emmaüs. Son fondateur a beau tourner en gélatine, il reste tout de même le Français le mieux classé au top cinquante de la popularité, avec Yannick Noah et Zidane, alors il faut prendre des précautions.
Les médias, après l’incendie, ont donc eu la pudeur de ne jamais mettre le Hirsch sur le gril. À la télé, le fringant patron d’Emmaüs avait carte blanche pour expliquer dans un premier temps que, non, l’immeuble n’était pas du tout insalubre et pas du tout surpeuplé, puis, dans un second temps, que l’immeuble était certes insalubre, mais que c’est précisément son surpeuplement qui empêchait les réparations...
Va comprendre. Faut croire qu’on sait ravaler des gratte-ciel, réparer des porte-avions et ignifuger des robots satellites, mais qu’on ne sait pas mettre un immeuble aux normes quand il y a des gosses qui jouent sur le palier.
En bon émule de Bernard Kouchner, dont il a dirigé le cabinet sous Jospin, l’énarque Martin Hirsch pense que le paradis est pavé de bonnes intentions. Que la misère se soigne avec des sacs de riz et des taudis inflammables. Que la défunte Constitution européenne annonçait l’avènement « d’une Europe terre d’accueil, prête à partager et à échanger ses richesses » (lire « Le oui subversif d’Emmaüs », Libé, 23/05/05).
Qu’il faut remettre les Rmistes au boulot, comme il le martèle dans un rapport remis en avril à Douste-Blazy. Ou encore que les JO de Paris 2012 auraient permis à Emmaüs de « bousculer les stéréotypes sur la pauvreté et d’être associée à une manifestation positive qui véhicule une image de performance » (Hirsch interviewé par l’Essec, juin 2005).
Question performance, il n’aura pas à rougir de l’incendie à Vincent-Auriol.
Publié dans CQFD n°26, septembre 2005.
Dédicace spéciale pour les Sarkosistes.
« Il y a un passage très périlleux dans la vie des peuples démocratiques. »
« Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous. Il n’est pas besoin d’arracher à de tels citoyens les droits qu’ils possèdent ; ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes »
« Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d’apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit des passions politiques qui pénètrent au milieu des petites jouissances de leur vie privée, ils s’éveillent et s’inquiètent ; pendant longtemps la peur de l’anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter hors de la liberté au premier désordre. »
« Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son bien-être, et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître. »
« Il n’est pas rare de voir alors sur la vaste scène du monde, ainsi que sur nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent seuls au nom d’une foule absente ou inattentive ; seuls ils agissent au milieu de l’immobilité universelle ; ils disposent, suivant leur caprice, de toutes choses, ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les cœurs ; et l’on s’étonne en voyant le petit nombre de faibles et d’indignes mains dans lesquelles peut tomber un grand peuple. »
« Le naturel du pouvoir absolu, dans les siècles démocratiques, n’est ni cruel ni sauvage, mais il est minutieux et tracassier. »
Alexis de Tocqueville.
29/05/2007Vigilance.
Qui se souvient des incendies de bus d’octobre 2006 ? Survenus dans un contexte étrangement calme, certains incendies ont laissé une impression « d’organisation » : les incendiaires étaient cagoulés et armés et s’évanouissaient aussitôt leur forfait commis. Inversement, d’autres incendies avaient une allure « amateur » et étaient commis par des jeunes gens qui voulaient imiter les premiers et qui, malheureusement, ont parfois failli tuer des passagers, comme à Marseille.
À l’époque, un communiqué du Parti Communiste Français (PCF) décrit certains incendies comme des actions « manifestement très organisées », tandis que le site d’information alternatif bellaciao évoque une « opération de barbouzage », autrement dit menée par les services secrets. Barbouzage : le mot est lâché. Or, Wayne Madsen, l’un des meilleurs journalistes d’investigation étasuniens (il fut sélectionné pour interroger la Commission d’enquête sur le 11 septembre), révèle sur son site Wayne Madsen Report (WMR) que certains incendies de bus dans les banlieues françaises étaient le fait d’agents provocateurs, financés par une caisse noire alimentée par des saisies dans les affaires de drogue, le tout... sous la houlette de Nicolas Sarkozy.
À en croire Madsen, le reproche fait à Sarkozy par de nombreux cadres de la gauche d’avoir mis le feu aux banlieues pourrait bien se révéler être à prendre au pied de la lettre ! Madsen tient son information d’une source appartenant aux services secrets français et qui qualifie par ailleurs Nicolas Sarkozy de « petit Hitler français » – chacun appréciera la formule.
Une enquête allemande confirme en partie.
En matière de services secrets, la prudence reste de mise : une manipulation est toujours envisageable et on a rarement de certitudes à chaud. Toutefois, un journaliste allemand, Udi Ulfkotte, confirme la présence des agents provocateurs dans les banlieues françaises et Madsen lui-même est fin connaisseur des services secrets et de politique internationale.
Par ailleurs, observons le fait suivant : une manipulation ne fonctionne que si elle se propage dans l’opinion. C’est pourquoi les manipulateurs préfèrent s’adresser à la presse nationale plutôt qu’à un journaliste étranger sans relais médiatique national – fut-il bon. Un exemple ? La « petite » affaire Clearstream (l’affaire française) s’est essentiellement propagée grâce à la presse et notamment au journal Le Monde. Si elle s’est propagée si fortement, c’est parce qu’elle émanait d’un grand journal. L’information du Wayne Madsen Report établissant une connexion entre Nicolas Sarkozy et un réseau de barbouzes opérant dans les banlieues n’a pas suivi ce circuit et qui plus est a été confirmée en partie par une deuxième enquête, celle d’Udi Ulfkotte. Par conséquent, l’évidence est de dire que nous n’avons pas ici la signature d’une manipulation – au contraire.
L’autre examen de l’information du Wayne Madsen Report consiste à se demander si elle s’inscrit logiquement dans ce que nous savons. Selon Madsen, c’est le cas puisque Sarkozy et la politique qu’il s’apprête à mener sont qualifiés de néo-conservateurs. Or, nous savons que la doctrine néo-conservatrice comporte notamment l’idée que la défense de la démocratie s’opère mieux en présence d’un ennemi extérieur et qu’en l’absence d’un tel ennemi, il convient de le fabriquer.
La doctrine néo-conservatrice recycle la « stratégie de la tension », technique bien connue de nos amis des services secrets, ici à peine enrobée pour séduire des gouvernants de plus en plus décomplexés. « Fabriquons la violence pour pousser la population à rechercher l’autorité et la sécurité en échange d’une diminution de leurs libertés », telle pourrait être la devise des néo-conservateurs qui, outre-Atlantique, excellent en travaux pratiques.
Les émeutes urbaines nourrissent la peur, qui nourrit le vote Sarkozy : tout se tient
Malgré la cohérence de l’information apportée par le Wayne Madsen Report, gardons par prudence l’idée que cette information est vraie avec une chance sur deux.
À quoi sert une telle information ? Eh bien, outre sa gravité potentielle, à nous rendre vigilants. Dans l’absolu, une dérive est toujours possible et c’est notre négligence qui la rend possible. Tous les citoyens, qu’ils aient voté ou non pour Nicolas Sarkozy, devraient garder cette information dans un coin de leur tête et se montrer particulièrement attentifs dans les mois et les années à venir.
Chaque mois, chaque année qui passera sans débordements de violence « manifestement très organisé(s) » montrera non pas que l’information du Wayne Madsen Report est erronée mais que l’action des barbouzes a été limitée dans le temps. Inversement, si des émeutes se produisent, les citoyens devront s’attacher au moindre détail :
le mode opératoire dénote-t-il une grande organisation ?
La violence est-elle montée progressivement ou a-t-elle été précédée de « pics » ? (les pétards dans la poudrière...)
A-t-on interpellé les fauteurs de trouble et sont-ils crédibles vis-à-vis des faits reprochés ? Le gouvernement présente-t-il à chaud un texte de loi dont la sophistication suggère qu’il était préparé ?
Cette vigilance est le devoir sacré de tout citoyen, quel que soit le président de la République élu, et ce devoir ne se résume pas bien entendu aux seules violences urbaines. Tout pouvoir a besoin d’un contre-pouvoir.
Menaces à venir
Poursuivons notre réflexion et supposons vraie l’information du Wayne Madsen Report établissant une connivence entre Nicolas Sarkozy et les barbouzes qui incendiaient les bus en octobre, et tentons d’envisager comment Nicolas Sarkozy se servira demain de son « arme secrète ». Trois scénarios se dégagent :
1. Il ne s’en sert plus (ça y est, il a le pouvoir, il est content).
2. Il continue à s’en servir (pour asseoir son pouvoir).
3. Il passe à l’échelle supérieure : il encourage le plus violent des groupes infiltrés à commettre un attentat majeur sur le territoire français.
Un premier indice en faveur du scénario 3 nous est fourni par les menaces brandies récemment par Al-Qaïda à l’encontre de la France, menaces parvenues par le même canal que les revendications des attentats de Madrid et Londres, deux opérations aux forts relents barbouzards. Le recours à ce canal nous met donc la puce à l’oreille. Dans le même temps, n’exagérons rien car les menaces sans suite sont légion.
Un deuxième indice en faveur du scénario 3 nous est suggéré par le Wayne Madsen Report, lequel rapporte que Nicolas Sarkozy, sitôt élu, a entamé une purge des services secrets français, qualifiée par Madsen de « purge stalinienne » – et notez bien : alors que nous sortons d’un gouvernement de droite. D’après Madsen, les services secrets – notez toujours, ceux laissés par Jacques Chirac, pas par la gauche – sont jugés trop pro-arabes et trop proches de la gauche. Cette purge pourrait annoncer un tournant dans la politique internationale de la France et déboucher sur une politique plus à droite, plus Atlantiste et plus pro-israélienne que ne l’était celle de Jacques Chirac, qui en la matière fut fidèle aux traditions française et gaullienne.
Comment le président nouvellement élu fera-t-il accepter ce tournant par les Français, alors que la politique internationale a été l’une des grandes absentes de la campagne ? Nicolas Sarkozy passera-t-il outre l’avis des Français, comme le fit Tony Blair en Grande-Bretagne en défiant un cortège d’un million de manifestants anti-guerre ?
Ou, et l’on revient à la nécessité de services secrets « décomplexés », exploitera-t-il un « événement » intérieur capable de refaçonner l’opinion ?
S’agissant de politique intérieure, il n’aura échappé à personne que Nicolas Sarkozy veut aller vite en réformes. Dans un pays que l’on dit ingouvernable, une diversion, comme un attentat majeur par exemple, tomberait à pic : le temps que l’on se remette de nos émotions et hop, on découvre que les grandes réformes sont passées !
Le scénario 2 comporte une variante astucieuse : les réformes promises pourraient provoquer à la rentrée 2007 un important mouvement social. Les jeunes issus des banlieues défavorisées, particulièrement attaqués tant par le candidat Sarkozy que par le ministre de l’Intérieur Sarkozy, et qui ont voté massivement pour Ségolène Royal, pourraient s’y joindre. Dans un tel cas, la mission confiée aux barbouzes consistant à créer des désordres dans les manifestations afin de rendre le mouvement impopulaire sera odieusement facilitée : il sera facile d’imputer les débordements à ces jeunes, dont l’image est déjà abîmée dans l’opinion.
Enfin, scénario 1 : Sarkozy choisit de compter sur sa seule force politique et sur ses talents de communiquant et entend gagner à la loyale. Compte tenu de l’ego du personnage, ce n’est pas impossible.
Combinaison explosive
Aucun des trois scénarios n’a ma « préférence » et nul ne sait à quoi ressemblera le quinquennat Sarkozy. Mais la présence d’agents provocateurs dans les banlieues en octobre dernier, le soupçon d’une connivence entre ces agents et le nouveau président, la purge des services secrets entamée au lendemain de sa victoire, les besoins d’un calendrier politique à la fois ambitieux et risqué, l’allégeance de Nicolas Sarkozy aux néo-conservateurs étasuniens et à Israël et ses élans de camaraderie envers Tony Blair, qui a fabriqué les faux permettant de déclencher la guerre préventive étasunienne en Irak, forment une combinaison explosive qui éveille ma méfiance à un degré inimaginable sous Jacques Chirac.
Une opposition nouvelle.
Pour sa première apparition télévisée depuis le second tour des élections présidentielles, Ségolène Royal a lancé un appel à tous les électeurs pour créer une opposition nouvelle.
"C'est un moment très important dans la vie démocratique les élections législatives. Parce qu'il s'agit de mettre en place des contre-pouvoirs, de mettre en place une opposition nouvelle sans esprit de revanche, mais aussi sans fatalisme. Nous devrons construire cette opposition nouvelle chargée à la fois de surveiller, de proposer et aussi de s'opposer."
Ségolène Royal jugera le Président de la République « sur les actes ». Elle souligne « que ce l’on voit sur un certains nombre de réformes qui sont engagées, c’est d’abord leur côté injuste et leur dangerosité », en citant le bouclier fiscal, la remise en cause du contrat de travail et les franchises médicales.
Ségolène Royal croit "qu'il y a des décisions qui devraient être prises très rapidement dans des domaines qui ne relèvent pas du pouvoir législatif". Ségolène Royal a cité comme exemples celui de l'hôpital et celui des OGM.
"On sait qu'il y a un certain nombre de besoins très aigus dans l'hôpital, dans les structures qui accueillent des personnes handicapées ou des personnes âgées. Moi, je veux qu'avant le premier tour des élections législatives des décisions concrètes soient prises pour que les engagements pris soient rapidement tenus".
Sur les OGM, Ségolène Royal "souhaite qu'il y ait un moratoire sur les OGM. L'Allemagne vient de prononcer ce moratoire parce qu'il y a un problème et donc le principe de précaution doit être apporté si l'on veut protéger à la fois l'environnement, mais aussi l'alimentation, donc la santé publique".
28/05/2007Le sarkozysme de l'humain, ou un premier pas vers la psychiatrisation de la délinquance.
Tabassage immédiat à bord du vol Paris-Bamako
«Nous partions à Bamako tourner quelques scènes de mon prochain film», raconte le réalisateur Laurent Cantet (Ressources humaines, l'Emploi du temps). «Et au moment où les portes de l'avion allaient se refermer, on a entendu des hurlements», poursuit son assistant et directeur de production, Michel Dubois. Une bagarre vient d'éclater à l'arrière de l'appareil d'Air France 796 à destination de la capitale du Mali. Le décollage était prévu à 16 h 40 samedi. L'embarquement s'était passé tout à fait normalement. Les passagers ne savaient pas qu'un sans-papiers en cours d'expulsion de la France vers le Mali devait voyager dans le même avion qu'eux.
«Grande violence».
La suite est racontée par Laurent Cantet, Michel Dubois et des membres de l'équipe de tournage. Ce qu'ils ont vécu était si dur que, dans la nuit de samedi à dimanche, ils ont couché leur témoignage par écrit. Le Réseau Education sans frontières (RESF), auquel appartient le cinéaste, s'est chargé hier de le diffuser.
Michel Dubois est assis au fond de l'appareil. Il se retourne. Voit deux personnes en civil tentant de contenir un Noir assis au dernier rang, qui se débat violemment. «On s'est demandé s'il s'agissait d'une agression entre passagers», raconte-t-il. Plusieurs personnes s'interposent. Les individus en civil révèlent alors leur état de policiers. «S'ensuit une scène d'une grande violence, raconte Laurent Cantet. Les flics étaient à genoux sur le mec. L'un semblait vouloir l'étrangler, l'autre lui assénait des grands coups de poing dans le ventre.» Les hurlements du Noir se transforment en râles. «Sous les huées des passagers, l'homme finit par être immobilisé et sanglé», témoignent les collaborateurs de Laurent Cantet. La scène a duré dix bonnes minutes.
Dans l'avion, et plus précisément à l'arrière, beaucoup de voyageurs sont Noirs, et réagissent particulièrement mal. «Un passager a filmé la scène avec son téléphone portable», raconte Laurent Cantet. Une policière qui semble être la responsable de l'opération «menace alors d'arrestation les personnes les plus proches et photographie les protestataires». Elle leur explique que l'homme n'est pas un simple sans-papiers mais un «double peine» ; en clair, un repris de justice condamné à une peine de prison et à l'expulsion de France. Le passager, lui, semble avoir perdu connaissance. «Il a fait une sorte de crise d'épilepsie», témoigne Michel Dubois. Les policiers décident de l'évacuer.
«On l'a vu passer avec les yeux révulsés, la langue qui pendait, de la bave autour de la bouche, rapporte Laurent Cantet. Quelqu'un l'a ensuite aperçu par le hublot dans une ambulance avec un masque à oxygène.» Les témoins sont sous le choc. «Beaucoup imaginent que l'homme est mort, ce qui fait encore monter d'un cran l'émotion.» Une hôtesse et plusieurs passagères pleurent.
Une fois l'homme débarqué, «une bonne dizaine d'agents de la police de l'air et des frontières [la PAF, ndlr] font irruption dans l'appareil», poursuivent les collaborateurs de Laurent Cantet. Le cinéaste pense que les policiers sont à la recherche de celui qui a filmé la scène. Mais ils ne parviennent pas à l'identifier. Et repartent avec Michel Dubois. «J'ai été désigné par la responsable de l'opération comme celui qui avait mené l'opposition à cette action extrêmement violente», témoignait-il hier. De nouveau des passagers protestent, refusant de s'asseoir et de se calmer. Un policier remonte alors à bord de l'avion pour leur proposer, selon Laurent Cantet, «un marché incroyable : Michel pourrait réembarquer à condition que l'expulsé le soit aussi». Un autre policier indique que Michel Dubois a été placé en garde à vue, et menace les protestataires du même sort.
Vol annulé.
L'affrontement dure depuis une bonne heure. Il est près de 18 heures. Le commandant de bord annonce que le vol est annulé. Dans son message, il évoque «les "manoeuvres" d'un individu refusant d'être reconduit dans son pays d'origine», et «les manifestations d'une minorité de passagers», affirment les collaborateurs du cinéaste. Dans l'aérogare, les policiers sont toujours, selon Laurent Cantet, à la recherche du photographe. Michel Dubois, lui, a été relâché vers 22 heures. Apparemment sans que des poursuites aient été engagées contre lui, affirmait hier son avocate, Dominique Noguères.
Du côté d'Air France, un porte-parole de la direction banalisait l'affaire, confirmant qu'un «reconduit à la frontière a protesté, à la suite de quoi il y a eu une petite réaction d'hostilité, semble-t-il, de certains passagers». Le commandant de bord, estimant alors «que les conditions de sécurité n'étaient pas entièrement réunies pour que le vol ait lieu sereinement», a préféré l'annuler.
Du côté du gouvernement, le ministère de l'Intérieur, dont dépend la PAF, renvoie désormais sur le nouveau ministère de l'Immigration, de l'Intégration, du Codéveloppement et de l'Identité nationale. La version des policiers telle que la rapporte un collaborateur du ministre Brice Hortefeux est évidemment différente. Selon lui, l'expulsé est un «ressortissant malien âgé de 50 ans faisant l'objet de deux interdictions du territoire». Calme dans un premier temps, l'homme se serait ensuite montré «surexcité», ameutant les passagers, «assénant un coup de tête et mordant l'un des trois policiers qui l'escortaient si bien que la PAF a dû intervenir pour prêter main-forte à l'escorte». Pris d'un malaise, le Malien aurait ensuite été débarqué de l'avion et examiné par un médecin qui a jugé son état compatible avec un placement en garde à vue. Sous le coup d'une plainte pour «opposition à une mesure d'éloignement, refus d'embarquement et coups et blessures contre un policier», il sera jugé aujourd'hui en comparution immédiate.
Face à la multiplication des poursuites contre des citoyens ayant tenté de s'opposer à l'expulsion de sans-papiers, les animateurs du RESF qui défendent les parents sans papiers d'enfants scolarisés ont annoncé la création d'un collectif de «défense coordonnée des victimes de la criminalisation de la solidarité».
Catherine COROLLER.

Présentant le rapport annuel de la commission contre le racisme et l'intolérance (ECRI) du Conseil de l'Europe, sa présidente, Eva Smith-Asmussen, s'est alarmée jeudi que l'Europe, dans son ensemble, perde ses valeurs d'ouverture et tende à stigmatiser les étrangers, y compris dans les pays longtemps considérés comme tolérants. "L'Europe est construite sur certaines valeurs comme la tolérance (...). Mais soudain, il semble que la chose la plus importante soit la sécurité et que tout le reste doive être sacrifié à cette idée", a-t-elle dit.
Dans son rapport, la commission juge "complexes et inquiétantes" les formes contemporaines de racisme et de discrimination raciale. Observant, dans les Etats membres, "des phénomènes virulents de racisme et d'intolérance", elle se dit "vivement préoccupée" par le climat négatif "alimenté par certains médias, mais aussi par l'utilisation d'arguments racistes et xénophobes dans le discours politique". "Actuellement, insiste l'ECRI, les discours xénophobes vivent leurs beaux jours dans les pays où le passage à une société multiculturelle suscite des peurs qui rencontrent un écho dans un contexte de crise économique et de mondialisation posant, pour beaucoup de citoyens, la question de l'identité nationale."
Sont particulièrement touchés les réfugiés et demandeurs d'asile. "Sur le sujet de l'immigration, le ton du débat politique s'est non seulement considérablement durci, mais il a aussi tendance à stigmatiser des communautés entières, notamment les étrangers", relève l'ECRI, Or ce processus de stigmatisation fait le lit du racisme et de la discrimination raciale, met-elle en garde, constatant, malgré les avancées des politiques, la persistance des discriminations dans la vie quotidienne. Et de rappeler : "Il ne suffit pas de déclarer la discrimination illégale. Il faut aussi lutter contre elle dans la pratique."
Laetitia Van Eeckhout
Qui peut vraiment travailler plus ?
L’une des nombreuses promesses de campagne de Sarkozy est en effet de faciliter le recours aux heures supplémentaires, ce qui est censé doper le pouvoir d’achat des actifs et par effet d’entraînement créer de l’emploi en garnissant les carnets de commandes.
Véritable slogan anti-35 heures, le « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy a notamment fait un carton auprès des plus bas salaires, en particulier chez les ouvriers : les sondages réalisés durant la campagne montraient qu’un gros tiers des Français souhaiteraient travailler plus pour gagner plus.
Des chiffres qui ne disent rien des situations professionnelles. Entre un ouvrier annualisé, une employée à temps partiel subi et un salarié à employeurs multiples, pas beaucoup de points communs dans leurs conditions d’emploi ». Et du coup de fortes disparités dans leur capacité à obtenir des heures supplémentaires de la part de leur patron.
D’une manière générale, le salarié est évidemment en position de faiblesse quand il doit négocier individuellement la durée de son travail sur le principe du gré à gré. Quelques chiffres permettent de mieux comprendre pourquoi Sarkozy a quand même fait mouche sur cette question.
Avec une durée du travail annuel de 1616 heures en moyenne, l’Hexagone est le pays développé dans lequel un salarié à plein temps bosse le moins. 1,2 million salariés du privé travaillent par ailleurs à temps partiel, rarement choisi. De plus, le Smic français, qui est l’un des plus élevé d’Europe et surtout le plus répandu, ce qui tasse la grille des salaires, concerne désormais 3,3 millions de travailleurs. Quasiment un salarié sur six, proportion en augmentation constante ! Conséquence directe, le pouvoir d’achat des ménages est en berne, alors même qu’ils doivent dépenser de plus en plus pour se loger et acheter du carburant.
Dans ce contexte, pas besoin d’être contre les 35 heures, que Ségolène Royal la première considère avec lucidité, pour se laisser séduire par les sirènes sarkozystes. Il est électoralement porteur de faire des lois Aubry l’opportun bouc émissaire d’une économie au ralenti, un refrain repris allègrement par Laurence Parisot au nom du Medef. Pour mémoire, rappelons tout de même que sous le gouvernement de Lionel Jospin, la France affichait le plus fort taux de croissance d’Europe, « malgré » les 35 heures. De plus, les textes votés par les socialistes ont été dépecés à deux reprises sous le gouvernement Raffarin. Les 35 heures n’ont par ailleurs jamais été mises en place dans les PME, tandis que les grandes entreprises utilisent un certain nombre d’outils mis à leur disposition (rachat de RTT, heures sups) pour allonger la durée du travail. Le problème central est donc ailleurs, et Nicolas Sarkozy n’a d’ailleurs jamais poussé la malhonnêteté intellectuelle jusqu’à proposer d’abroger purement et simplement les RTT (comme quoi !).
Les 35 heures correspondent à la durée du légale du travail, pas à la durée maximale obligatoire, qui peut être largement supérieure ». Et l’universitaire d’ajouter : « Les lois Aubry ne brident absolument pas l’activité économique (…), les chefs d’entreprise n’utilisent pas les marges de manœuvre à leur disposition. » A commencer par les contingents d’heure supplémentaires, fixés selon les accords de branche à une maximum 220 heure par an. La vraie question n’est pas celle de l’augmentation du temps de travail des personnes ayant un poste à temps plein. Mais celle de l’augmentation du volume de travail tout au long de la vie, notamment après 55 ans », recadre dans Liaisons Sociales Christine Erhel chercheuse à Paris I et au Centre d’études de l’emploi.
Dans un pays qui affiche le plus fort taux de chômage des jeunes et des plus de 50 ans, la mise en garde n’est pas une formule. Il est en effet trop facile de laisser Nicolas Sarkozy flatter bassement les actifs tout en fustigeant le reste de la population, souvent mis-en vrac dans la catégorie des « assistés ». Toujours cette fameuse « France qui triche », le titre d’un propagandiste numéro du Droit de savoir diffusé sur TF1 la semaine précédent le second tour.
Au fond, exonérer les heures supplémentaires de charges sociales n’est donc même pas une méthode efficace pour inciter jeunes et seniors à travailler plus, alors que cette question est aussi centrale qu’urgente. « Il y a un risque de destruction d’emploi, alerte même Gilbert Cette. Si les heures sups deviennent trop bon marché, les employeurs seront incités à les multiplier plutôt qu’à embaucher. La plupart des pays développés ont ainsi fait le choix de majorer fortement les heures supplémentaires. » Par ailleurs, si on réduit les charges sur ces heures travaillées, qui va payer le manque à gagner pour la protection sociale ? On le voit, « travailler plus pour gagner plus » relève d’avantage de la promesse électoraliste que du programme de relance de la croissance. Sous couvert d’aubaine pour les Français, en fait d’un joli cadeau au patronat. Surprenant ?
Mathias Malko.
Regardez-moi dans les yeux.

« Regardez-moi dans les yeux. Dans mes yeux de petit garçon. Là, tout en haut de cette photographie d’un autre temps, un peu vieille, un peu passée, qui ne dit rien – ou si peu. Qui ne dit pas l’histoire de ma vie car elle n’est pas encore vécue, ni l’histoire de ma souffrance, ni celle de mes amours. Qui ne dit pas qu’un beau jour, on va décider de me frapper, de me gifler, de me battre ; on va me forcer à avouer à un prêtre ou à un curé des crimes auxquels je n’ai même pas pensé ; on va commencer à me montrer du doigt, à me jeter des pierres, à m’humilier, m’affubler de sobriquets dégradants, me traiter de monstre ; on me rendra coupable du mauvais temps ou de la guerre, de la famine, de la misère et des fléaux du monde ; on mettra en cause ma normalité, ma place dans le village, dans la ville, la société ; on me traquera pour préserver l’ordre familial et social ; on dira que je m’oppose à la nature, à Dieu ; (…) ; ou bien on tentera à tout prix de me soigner, me forçant à écouter les remèdes de médecins, psychanalystes ou psychiatres qui m’auront diagnostiqué autant de névrose, psychoses et troubles mentaux (…) on me poussera à la dépression voir au suicide ( …) on voudra me castrer ou me lobotomiser (…) on me déportera peut être en Sibérie ou dans un camps de concentration (…) – tout cela, parce qu’un beau jour, j’aurai avoué que ce sont les yeux d’un homme plutôt que ceux d’une femme, qui m’ont fait frémir. »
Augustin Darpeaux
Vomir !!!
Cher Christian,
A une large majorité, les Français viennent de choisir un nouveau Président de la République. En lui accordant leur confiance, nos concitoyens ont témoigné de leur adhésion aux valeurs portées par notre candidat et aux engagements qu'il a pris devant eux.
Ces engagements, qui constituent un vrai projet de société, ne pourront être tenus que si, dans quelques semaines, une forte majorité présidentielle est élue à l'Assemblée nationale. Sans elle, rien, je dis bien rien, ne sera possible.
C'est dire l'importance décisive de la nouvelle étape que nous devons franchir tous ensemble pour donner à la victoire du 6 mai tout son sens à l'Assemblée nationale.
Cette nouvelle majorité devra faire preuve d'autant d'audace que d'imagination et de détermination. Je sais les difficultés qui existent pour mener ton combat dans ta circonscription.
Connaissant tes qualités et t'ayant vu travailler tout au long de cette législature, je peux témoigner de ton dynamisme et de ton efficacité. C'est pourquoi je souhaite personnellement t'apporter mon entier et plus amical soutien.
Nous aurons besoin de toi pour concrétiser, à l'Assemblée nationale, le fantastique espoir né dans notre pays.
Bien amicalement à toi
Patrick OLLIER
Président de l'Assemblée nationale
et mari de Michele ALLIOT-MARIE
26/05/2007Insurrection démocratique.La démocratie.
Notre démocratie ressemble à un arbre bien malade.
De moins en moins vert et fringant, son état inquiète. Il n’y a guère plus que, nous, les simples citoyens pour veiller sur lui et tâcher de lui apporter quelque remède.
L’Etat UMP-Sarkozyste est en bonne voie de constitution : l’assemblée risque fort de lui être bientôt acquise de façon écrasante ; les médias télévisés sont devenus chaînes de propagande, c’est « Nicolas ! Nous voilà ! », à chaque JT… on croit revoir les actualités de 1940 ! si si ! vous n’avez pas remarqué ? « ce matin, sous un soleil radieux, le Président à fait son jogging entouré de ses ministres » ; « ce matin, le Président a visité un léproserie (non, là j’exagère !) dans la Creuse et a versé une larme sur les pauvres malades, qui, nous n’en doutons pas, voterons pour lui au mois de juin »… et tout à l’avenant… La séparation des pouvoirs risque fort de n’être bientôt plus que vague souvenir, déjà bien atteinte dans les cinq dernières années…
Pour l’instant les régions restent gouvernées par la gauche, c’est peut-être le seul contrepouvoir qui reste. Mais méfions-nous : il pourrait bien être attaqué par une assemblée conquérante qui pourrait bien vouloir en limiter les pouvoirs dès qu’elle le pourra.
La France est la risée du monde occidental ! Elle a rejoint le club des républiques bananières bushistes néoconservatrices. Ah les néocons, qui portent bien leur nom, ils ont fait un fiasco planétaire, mais non, ils en redemandent ! Ils veulent continuer à régenter le monde ! Nicolas Sarkozy en sera le fer de lance ! L’OMP (Ordre Moral et Policier), ténébreuse organisation tentaculaire, étend ses bras ventousés sur nos démocraties, cachée dans le cheval de Troie que représente l’Ultralibéralisme. « Libéral », mon œil. Plutôt anti-libéral et anti-libertés ! Qui trouve un allié de poids en Benedictus Seizième du nom, auprès duquel Saint-Nicolas viendra prendre conseils et recommandations, lui qui veut, parait-il, enfin il l’a écrit alors on peut peut-être le croire, substituer la religion – au sens large, s’entend, incluant les sectes, genre Scientologie – à la laïcité…
Bref notre démocratie, faite de valeurs de respect, d’ouverture aux autres et au monde, de « liberté, égalité, fraternité » (mais notre belle devise va-t-elle garder tout son sens ? au vu de ce qui se trame, on peut en douter…) est bien malade, nous pauvres citoyens avons été trahis par ceux qui nous gouvernent – souhaitons que Ségolène Royal reste dans le mouvement avec le même esprit qui l’a animée dans sa campagne – et ceux qui sont censés nous informer mais ne deviennent pas les sinistres et pitoyables Bouffons du Roi.
Hardis citoyens ! Réveillons-nous et restons en alerte ! Et s’il le faut demain, levons-nous !
Résistance citoyenne.
Désobéissance civile.
Insurrection démocratique.
Star Ac'...
En choisissant le photographe du Loft et de la Star Ac', Nicolas Sarkozy rompt avec un nouveau canon.
Philippe Warrin, dont le nom était inconnu de la plupart des spécialistes jusqu'à lundi dernier, peine à s'inscrire dans la lignée prestigieuse de ses devanciers.
Celui qui avait fait de la rupture le principal signe de sa campagne revient à un académisme pré-giscardien.
Non sans maladresses, comme les tons chocolat et l'ambiance nocturne de la bibliothèque, ou la bizarre trouvaille des drapeaux, sortis d'on ne sait où. Les connotations "américaines" de l'image, relevées par plusieurs commentaires, proviennent en partie de la saturation chromatique et de la température de couleur chaude, très Reader's Digest, mais surtout de la forte présence des drapeaux, accessoires familiers du bureau ovale.
On notera à cet égard que l'association des étoiles de la bannière européenne avec les bandes rouge et blanche du drapeau français produit une sorte de drapeau américain en puzzle, qui n'est probablement pas pour rien dans cette impression.
S'agissant du portrait officiel du président de la République française, il s'agit pour le moins d'une faute de goût, sinon d'une bévue.
Mais à vrai dire, tout se passe comme si ces détails n'avaient aucune importance aux yeux de l'hôte de l'Elysée. Car la vraie nouveauté du traitement de ce portrait est son caractère expéditif: un photographe choisi parce qu'on l'avait sous la main, vingt minutes de pose, des accessoires disposés sans réflexion – tout indique que cet acte symbolique a été négligé. A la différence d'une opération de communication bien menée, un portrait officiel est une obligation qui ne peut produire aucun bénéfice politique immédiat. Il agit sur un autre registre, celui de la représentation. Cette dimension n'est pas familière au nouveau président, distancé sur ce terrain par ses prédécesseurs. Pourtant, le travail de la représentation, comme l'explique Louis Marin, est consubstantiel à l'exercice du pouvoir, qui est la transformation de la force en signes.
Portrait de drapeaux avec président plutôt que portrait de président avec drapeaux, la photo est ratée. Sarkozy pense probablement que c'est sans gravité. C'est faux. Maintenant qu'elle existe, cette photographie est plus forte que lui. Personne ne peut plus rien y changer. Telle est la puissance des signes du pouvoir, avec laquelle on ne plaisante pas. Maîtriser la représentation – et non seulement la com' – fait partie du travail d'un chef de l'Etat. La photo de Warrin montre que Nicolas Sarkozy ne sait pas encore manipuler les emblèmes de sa fonction. Ce faisant, il nous révèle qu'au plus secret de lui-même, il n'est pas (encore) président. Il y a des jouets qu'il ne faut pas mettre entre toutes les mains.
André Gunthert
TF1 Sarkocompatible
Des fois, la vie, c'est moche. Mais les déprimés, les catarrheux, les chômeurs, les immigrés clandestins auront la décence de faire taire leurs éternelles pleurnicheries eu égard au destin de Nonce Paolini. Nonce, c'est depuis cette semaine le nouveau patron de TF1, qui a renvoyé l'impayable Patrick Le Lay au cimetière des vieilles charrues. Mais, à peine arrivé, Nonce a dû avaler son premier boa constrictor. Il se retrouve flanqué de Laurent Solly, un des plus proches collaborateurs de Sarkozy durant sa campagne électorale, ce dernier se trouvant être what a surprise le meilleur poteau de Martin Bouygues, proprio de la Une. Pas mal pour un début ; mais maintenant, Nonce, il faut passer à la vitesse supérieure : toutes les émissions de TF1 doivent s'imprégner de la nouvelle ligne éditoriale sarkozysto-bling-bling. Comme Nonce n'y arrivera pas seul, Libération a tenu à lui fournir sa future grille de programmes. Non, Nonce, ne nous remerciez pas, ça nous fait plaisir.
Sport : «Téléfooting»
C'est un dossier brûlant qui attend Nonce Paolini : que faire de Téléfoot ? Oui, car France 2 a chipé à TF1 les droits télé du magazine dominical, privant la Une des résumés des matchs. T'inquiète, Nonce, on a la soluce. Réorienter Téléfoot pour le consacrer à un sport brusquement revenu à la mode, le jogging, et on a même le nouveau nom : Téléfooting. Pour l'animer, un spécialiste incontesté puisqu'il entraîne Sarkozy à ce noble sport galbe-mollets : Bernard Laporte. Mais point de levée de boucliers à craindre comme pour Solly, Laporte est über légitime en tant qu'entraîneur de l'équipe de France de rugby. D'ailleurs, la diffusion de la Coupe du monde, qui se tient en France en automne, est prévue sur TF1, houla, depuis au moins aussi longtemps que Sarkozy songe à être président. Pour entourer Laporte et chroniquer les différents sports, une kyrielle de spécialistes incontestés portant tous l'estampille «vu chez Sarkozy» : Alain Prost, David Douillet, Philippe Candeloro. Et, bien sûr, l'élégante skieuse Marielle Goitschel qui présentera une pastille humoristique : «Fondu(e)s de Marielle.» Ah ! On allait oublier : pour commenter les rencontres de l'équipe de France, il faudra vite rechiper Thierry Roland à M6, non pas parce qu'il a pleuré de joie lors du meeting parisien de Nicolas Sarkozy enfin, où allez-vous chercher ça ? , mais tout simplement parce que.
Fiction : «Médecins de nuit»
Là, Nonce, et ce n'est pas parce que Nicolas Sarkozy le disait lors de son discours d'intronisation à l'Elysée, mais il faut «rompre avec les comportements du passé». Oui, il y a exigence de changement parce que jamais l'immobilisme n'a été aussi dangereux pour la fiction de TF1 : à force de bombarder le téléspectateur de séries américaines, les Navarro et les Julie Lescaut certes des soutiens, mais «la fidélité, c'est pour les sentiments» ont ringardisé les téléfilms de la Une. Surtout, au service de la fiction, il n'y a pas de camp. C'est pourquoi, cher Nonce, nous vous recommandons un remake de Médecins de nuit, mais si, enfin, cette série de 1978 conçue par un certain Bernard Gridaine, alias Bernard Kouchner. Si la rupture est inévitable, il ne faut pas pour autant fouler au pied l'histoire de France. Il faut ainsi lancer très rapidement la prochaine grande fiction de TF1, «Ma Petite Maman chérie» ou une saga en quatre épisodes retraçant le destin de Guy Môquet.
Info : «Figaro»-ci, «Figaro»-là
Aïe, aïe, aïe... Après le boa constrictor Solly, il va vous falloir, cher Nonce, gober un nouveau python de belle taille : virer votre ami Robert Namias, directeur de l'info de TF1. Ben oui : Namias, c'est la droite pas décomplexée, chiraquienne, vieux jeu. Ni vu ni connu, on le remplace par Nicolas Beytout, le patron du Figaro, qui a été vu cette semaine dans votre bureau, Nonce d'amour. Beytout lui, saura remettre cette rédaction de zazous au pas. N'avez-vous point remarqué comme parfois l'ironie perce dans le commentaire pourtant le plus élogie... heu, neutre sur notre président. Il faut en finir. Désormais, tous les reportages des journalistes de TF1 seront réécrits par Ivan Rioufol, éditorialiste au Figaro qui nous ravit tous les vendredis de son lamento sur les églises en ruine et la perte de l'identité nationale. Il s'insurgera toujours à bon escient du «monopole de la parole qu'exerce la gauche conformiste et sectaire l'audiovisuel public est en cela la pépinière du bien-pensisme (1). » Et saura teinter son enthousiasme de lyrisme : «La nomination, plébiscitée par l'opinion, de Rachida Dati au ministère de la Justice rappelle que la nation sait faire confiance aux compatriotes issus de l'immigration maghrébine pourvu qu'ils en acceptent les lois, la laïcité, le mode de vie.» Restera le douloureux problème des JT. Harry Roselmack, c'est le président qui l'a choisi, on n'y touche pas ; mais Poivre ? Comment ? Béatrice Schönberg ?! Heu... Nonce, droite décomplexée, d'accord, mais pas inconsciente. Nous, on garde Poivre : c'est pas parce qu'il a fait une fois graou-graou avec les yeux à Ségolène Royal qu'il faut se passer de quelqu'un qui, le 6 mai à TF1, a ouvert le champagne dès 18 h 30 à l'annonce des premières estimations.
Jeux : «Golden Family»
Alors, cher Nonce, continuons notre grand ravalement de façade avec Une famille en or qui... Ah ben non, sommes-nous bêtes, Une famille en or, on garde, pile poil dans la cible. Juste pourrait-on ajouter au générique la photo de la golden family aux blonds enfants. Remplaçons Etienne Mougeotte, que tu ne peux pas piffer, par Arthur au poste de directeur des programmes. Quoi, Endemol ? Arthur de TF1 achèterait les émissions d'Arthur d'Endemol ? On s'en tape : il travaillera plus, c'est normal qu'il gagne plus. Les divertissements, donc : Secrets Story, le loft de TF1 qui démarre dans quelques semaines, pas touche. Surtout quand on sait que le prestataire technique est Euromédia, propriété de Vincent Bolloré, également loueur de pédalos à des prix défiant toute concurrence. De même, Star Ac, rien à redire : Sarkozy s'est même fait tirer le portrait par Philippe Warin, le photographe officiel d'Endemol qui, chaque année, illumine nos kiosques de Télé 7 Jours chamarrés de petits chanteurs retouchés. Organiser éventuellement une visite du chef de l'Etat au château de Dammarie-les-Lys, oui, ce peut être bien perçu. Les classements qui foisonnent sur TF1, on conserve également, s'agirait pas de se priver d'une telle mécanique intellectuelle. Seulement, on peut renouveler les thèmes : pourquoi pas «Le grand classement des meilleurs gags de Jean-Marie Bigard» (prévoir plusieurs numéros) ? Au rayon chanson, les 500 choristes ensemble seront rebaptisés «Les 500 choristes ensemble tout devient possible, même Mireille Mathieu».
(1) Les citations de Rioufol sont véridiques, tirées du Figaro des 18 et 25 mai.
Raphaël GARRIGOS, Isabelle ROBERTS.
25/05/2007Au bonheur des riches
Qui veut gagner des millions.
Jaurès et la valorisation des fruits du travail dans les discours. L'impôt sur la fortune, le bouclier fiscal, la baisse des droits de succession et la prime à la rente quand il s'agit de prendre des mesures concrètes. Au final, une politique fiscale menée par le gouvernement Fillon, qui, selon Michel Sapin, député et spécialiste de la fiscalité au PS, «va profiter aux grosses fortunes tout en faisant croire aux petits contribuables qu'ils vont en bénéficier». Le doute n'est guère permis. Le cumul des mesures annoncées pendant la campagne par Nicolas Sarkozy et que s'apprête à présenter devant le Parlement en juillet son ministre du Budget, Eric Woerth, cible les gros revenus.
Super privilégiés. Ainsi le bouclier fiscal. Dès l'été, le gouvernement va le faire passer de 60 % à 50 %. En clair, selon un slogan simple, un contribuable ne pourra pas donner plus de la moitié de ses revenus tirés du travail à l'Etat par l'impôt. Populaire. Mais le Snui (Syndicat national unifié des impôts) relativise la portée de la mesure. «Le bouclier, c'est juste un moyen d'augmenter sans effort et sans mérite la fortune de ceux qui sont déjà les plus riches, tranche Vincent Drezet, le secrétaire national du Snui. Il profite à 93 000 foyers, dont 16 000 contribuables assujettis à l'ISF. Alors que 18 millions de foyers fiscaux paient l'impôt sur le revenu...» Ces contribuables super privilégiés ont déjà reçu en trop-perçu de l'administration fiscale près de 350 millions d'euros en remboursement.
A cette mesure il faut ajouter la réforme de l'impôt sur la fortune, qui touche les contribuables qui déclarent plus de 760 000 euros de patrimoine net, soit 500 000 foyers en France. Si, dès l'été, le gouvernement met en place une nouvelle déduction contre un investissement dans les PME, ce sont de nouveaux milliards qui s'envolent pour le budget de l'Etat. Mais les cadeaux fiscaux ne s'arrêtent pas là, puisqu'une réforme des droits de succession est prévue. Sarkozy souhaite que 95 % des successions soient exonérées d'impôts. Mesure archipopulaire. Y compris chez les contribuables qui ne sont pas assujettis à ces prélèvements. Aujourd'hui, selon les chiffres du ministère des Finances, seules 25 % des successions à la suite d'un décès sont imposées. Alors quel est intérêt, au-delà de la popularité ? Là aussi, un cadeau aux plus riches.
Tirer un trait. Ces mesures risquent de coûter près de 4 milliards d'euros à l'Etat. «Le bouclier à 50 %, plus la modification de l'ISF et les successions, auquel il faut ajouter la défiscalisation des heures supplémentaires et la déduction des intérêts d'emprunt, vont coûter pas loin de 13 milliards d'euros», selon Drezet. Ce qui revient à tirer un trait sur le produit annuel de la taxe d'habitation... Que la gauche et les syndicats s'offusquent n'est pas surprenant. Ce qui l'est plus, c'est que même à droite on traîne des pieds. Les orthodoxes budgétaires sortent les calculettes et arrivent peu ou prou aux mêmes chiffres que la gauche. «C'est une révolution fiscale qui peut coûter très cher, note un député UMP. Surtout si tout ça n'a pas les effets espérés sur la croissance.» Derrière, difficile de tenir les engagements européens, de désendetter l'Etat, de baisser le taux de prélèvements obligatoires. Bref, de mettre en œuvre l'autre volet économique du programme de Sarkozy. Mais manifestement, le nouveau gouvernement espère mettre en avant le retour des exilés de l'ISF. Toujours plus médiatique qu'un impôt plus juste ou une comptabilité publique plus équilibrée.
Muriel GREMILLET
Paul, sa femme, Virginie, et leurs trois enfants sont une famille comblée. Revenu annuel : 500 000 euros. Un patrimoine conséquent de 40 millions d'euros. Hormis la participation de monsieur dans la société high-tech qu'il dirige, hormis ses Rothko, Picasso et quelques bois et forêts, ses biens sont quasi exclus de l'ISF. Sa fortune le situe en haut de la pyramide des 460 000 Français assujettis à l'ISF. Il profite déjà pour sa déclaration de revenus 2006 d'un allégement. La tranche supérieure de ses revenus est imposée à seulement 40 % (contre 48,09 % en 2005), et il profite à plein de la suppression de l'abattement de 20 % qui était plafonné pour les hauts revenus. Montant de son imposition : autour de 175 000 euros.
L'achat rentable
Paul a vendu son duplex de Neuilly l'an dernier. Il vient de signer une promesse de vente pour un hôtel particulier sur l'île Saint-Louis : 5 millions d'euros. La déduction des intérêts d'emprunts annoncée par Nicolas Sarkozy tombe à pic. Plutôt que de payer cash, il décide d'emprunter : un million d'euros sur quinze ans, à 4 %. Montant des intérêts : 35 000 euros la première année. Il va pouvoir déduire 20 % de la note. C'est toujours 7 000 euros d'économisé. Le gouvernement n'a pas annoncé pour l'instant qu'il allait limiter le cadeau aux hauts revenus. Mais il a songé aux non-imposables. S'ils se lancent dans une acquisition, ils recevront un petit chèque du Trésor public.
La succession réglée
Le ménage est prévoyant. Il a organisé sa succession. Premier outil : les donations. Chaque enfant reçoit 50 000 euros. Le geste peut être renouvelé depuis 2005 tous les six ans, contre dix auparavant. Une somme rallongée en 2005 de 30 000 euros par enfant, un cadeau fiscal limité à cette année-là, et déjà signé Sarkozy. Cela fait 240 000 euros libres de droits qui auront dégonflé d'autant le patrimoine soumis à l'ISF et limiteront la facture lorsque viendra la succession. D'autres bonus ne sont pas à exclure. L'objectif affiché du président Sarkozy est d'exonérer 95 % des successions. Si la réforme passe par un allégement du barème ou un relèvement des franchises, notre ménage richissime en profitera comme tout le monde.
L'investissement payant
Encore une occasion de réduire son impôt sur la fortune. Le gouvernement a confirmé hier que certains «investissements» étaient susceptibles d'un gros rabais. Le couple hésite entre «aider» sa fondation préférée, investir dans la PME du petit cousin ou attendre que l'université de leur benjamine ait un statut autonome. Paul et Virginie vont pouvoir soustraire jusqu'à 50 000 euros de leur ISF pour gratifier l'œuvre de leur choix.
Le jackpot final
Paul et Virginie font leurs comptes. Ils sont redevables pour leur patrimoine (40 millions d'euros), de 648 000 euros d'ISF (hors le cadeau à la fondation, qu'ils pourraient reporter). S'ajoute une dizaine de milliers d'euros de taxes foncières et d'habitation. Déjà le bouclier fiscal en vigueur ¬ qui plafonne les impôts à 60 % des revenus ¬ limite leur ISF à un peu moins de 300 000 euros. Notre couple devrait bénéficier cette année d'une ristourne de 548 000 euros. En passant le bouclier à 50 % des revenus ¬ et si la CSG et la CRDS sont incluses dans le bouclier ¬, Sarkozy relève encore le rabais de 90 000 euros. Morale de l'histoire : le bouclier a presque effacé la note de l'ISF, les 648 000 euros de départ.
Catherine MAUSSION
Pierre-Cyrille Hautcoeur, directeur d'études à l'EHESS, détaille les possibles effets économiques des mesures fiscales du gouvernement.
Les mesures fiscales présentées par le gouvernement Fillon auront-elles des effets positifs sur l'économie ?
Avoir des riches plus riches n'a pas beaucoup d'intérêt sur le plan macroéconomique. Leur propension à consommer est bien moindre que celles des classes défavorisées : un riche réinjectera moins d'argent dans l'économie que plusieurs personnes défavorisées à qui on aura reversé la même somme. En matière d'investissements, il ne faut pas non plus en attendre des miracles. Dans une économie ouverte comme celle de la France, l'investissement se finance aussi bien par des capitaux étrangers que français. Enfin, abaisser le bouclier fiscal à 50 % risque de privilégier d'abord ceux qui possèdent un gros patrimoine, comme les riches retraités. Et peu les jeunes entrepreneurs. C'est vrai aussi pour la réduction des droits de succession, dont les bénéficiaires et les héritiers ont en moyenne 52 ans.
Mais faire revenir des riches expatriés en France peut avoir un intérêt économique ?
Peu. Cela peut éventuellement avoir un intérêt pour le fisc français, en espérant que les nouvelles rentrées fiscales compensent la baisse générale. Mais c'est très improbable. Il est très difficile de dire combien de riches seront assez sensibles à ces baisses d'impôt pour revenir. Quoi qu'il en soit, le bénéfice pour l'économie sera assez marginal. Sauf à ce que les expatriés soient irremplaçables pour le développement de nouvelles entreprises.
Ne faut-il pas favoriser, par des mesures fiscales, la transmission d'entreprises familiales pour éviter qu'elles soient, par exemple, rachetées par des fonds d'investissement ?
D'abord, il faudrait être certain que les effets de ces fonds sur la gestion des entreprises sont si néfastes que ça. Aujourd'hui, on n'est pas encore au clair sur cette question : plusieurs études ont produit des conclusions très différentes. Ensuite, je ne suis pas sûr qu'il faille, fiscalement, encourager le capitalisme familial. Il n'y a en effet aucune raison pour que le fils d'un entrepreneur génial se révèle nécessairement un bon gestionnaire. L'histoire économique regorge d'exemples d'entreprises familiales qui se sont cassé la figure quand la transmission se restreint à la famille. Il faudrait au contraire réussir à dissocier l'entreprise de la famille en réfléchissant à des formules juridiques d'adoption de cadres dirigeants compétents.
Et favoriser l'accès à la propriété en rendant les intérêts d'emprunt déductibles de ses revenus...
Là, on peut être réservé sur le timing. Cette mesure risque de doper la demande, mais, comme l'offre d'appartements est limitée, cela va donc encourager la hausse des prix et une spéculation. Quant à la justification de fond, ce n'est pas en encourageant l'investissement dans la pierre que l'on va doper l'innovation et le développement économique.
Au final, selon vous, ces mesures ont peu de chances de stimuler la croissance française ?
On ne voit pas très bien en quoi tout cela va permettre de faire émerger de nouveaux entrepreneurs qui ont le goût du risque. A la rigueur, la seule mesure qui ne m'apparaît pas déraisonnable est celle qui encourage des contribuables qui paient l'ISF à investir dans les PME.
Grégoire BISEAU
Pas de copinage des compétences seulement...
Frédéric Péchenard, un proche de Nicolas Sarkozy, a été nommé mercredi 23 mai en conseil des ministres directeur général de la police nationale tandis que Michel Gaudin prend la tête de la préfecture de police de Paris.
Jusque-là directeur de la police judiciaire de Paris, Frédéric Péchenard, 50 ans, remplace Michel Gaudin, 58 ans, qui succède pour sa part à Pierre Mutz à la tête de la préfecture de police de Paris.
Le nouveau directeur général de la police nationale, qui est un ami d'enfance du chef de l'Etat - leurs mères étaient amies et voisines - avait retrouvé Nicolas Sarkozy, maire de Neuilly-sur-Seine, lors d'une prise d'otages dans une maternelle en 1993.
"sarkozyste de coeur".Il a dirigé successivement la Brigade de répression du banditisme puis la brigade criminelle et les affaires économiques et financières avant d'être chargé de la PJ parisienne.
Michel Gaudin remplace pour sa part le chiraquien Pierre Mutz à la préfecture de police de Paris, qui est considérée comme le plus beau poste de la préfectorale et l'un des plus stratégiques.
Il se voit ainsi récompensé de sa fidélité à Claude Guéant, l'actuel secrétaire général de l'Elysée qui était devenu le bras droit de Nicolas Sarkozy place Beauvau en 2002. (Reuters)
Laurent Solly, ancien directeur adjoint de la campagne du chef de l'Etat, a rejoint mercredi le groupe Bouygues et sera nommé "en temps voulu" à la direction générale de TF1, la première chaîne de télévision française avec une part d'audience de 31,6% en 2006.
Cette nomination intervient après l'arrivée à l'Elysée et à Matignon de deux journalistes, l'une venant du Point et l'autre du Figaro.
François Cangardel vient d'être bombardé à la tête du très important patrimoine immobilié d'ADP (société contrôlée par l'état), le même qui a vendu pour un prix sacrifié à Lasserre, promoteur immobilier, les terrains sur lesquels l'ancien appartement de Sarko sur l'île de la Jatte a été construit.
Législatives : Le maire de Guer, Jean-Luc Bléher, est amer
Loïc Bouvard, le député sortant, âgé de 78 ans, candidat UMP aux élections législatives, s'est inscrit ce jour à la préfecture. Il a été investi par l'UMP en octobre pour la candidature sur la 4e circonscription. Et c'est bien François Guéant, 32 ans, le fils de Claude Guéant, le nouveau secrétaire général à l'Elysée qui est son suppléant.
. "J'avais comme suppléant un homme de Ploërmel, âgé de 52 ans". Très remonté, l'élu ajoute qu' "il y a eu des pressions générales" sans préciser lesquelles. "Avant qu'on ne m'écarte pour un parachutage de quelqu'un qui n'a pas de légitimité au niveau local, j'ai anticipé en me retirant. C'est renoncé pour préparer l'avenir".
Sarko ne cache pas son désir de tout contrôler, dans ces conditions là, il est normal qu'il place ses potes à haut niveau! Un bon dictateur doit avoir en main: la presse, la police, l'armée.
La police qui doit normalement servir l'état est aux ordres : elle sert les politiques et obéit aux directives: elle truque les enquêtes et les chiffres et peut même fabriquer des preuves.
24/05/2007Vincent Peillon
Résistance citoyenne.
Désobéissance civile.
Insurrection démocratique.
23/05/2007Avant / Après Photoshop...Le dessin du jour par Placide.Travailler rend libre.
Le parti italien, M.S.I (Alleanza Nazionale) vient de lancer une massive campagne d’affichage pour se féliciter de la victoire de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle.
Depuis ce matin, les rues de Rome sont couvertes d’affiches de l’Alleanza Nazionale représentant le nouveau Président de la République française avec pour slogan : « L’Europe change ».
Ce rapprochement assumé entre l’UMP et le MSI est-il le nouvel axe de la droite extrème européenne ?
La majorité des gens ont aujourd’hui perdu conscience de la valeur de la LIBERTÉ et de la DÉMOCRATIE, qu’ils croient être des acquis.
Or la liberté et la démocratie ne sont jamais acquises, menacées en permanence par l’avidité et la soif de pouvoir de quelques uns. Le désir de confort et de sécurité est devenu plus fort que le désir de liberté.
Dans l’espoir illusoire d’un peu plus de sécurité, une majorité de la population est prête à renoncer à la liberté, en oubliant que dans le passé, des millions de gens sont morts pour obtenir ou pour défendre cette liberté.
Le terrain est désormais libre pour la conversion idéologique de l’Europe au "libéral-fascisme", la version moderne du fascisme combinée avec le libéralisme économique.
RELENT BERLUSCONIEN
Le directeur adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy rejoint la direction de TF1.
On l'annonçait chez Bouygues. La semaine passée, la rumeur, plus précise, évoquait TF1, joyau du groupe. Mardi 22 mai, Bouygues a confirmé, dans un communiqué, l'arrivée de Laurent Solly, ancien directeur de campagne adjoint de Nicolas Sarkozy, à la direction générale de la chaîne privée.
M. Solly rejoindra le groupe "à compter de 23 mai", où il effectuera "un parcours d'intégration". Ensuite seulement, "en temps voulu", précise Bouygues, cet inspecteur des finances prendra ses fonctions définitives de directeur général adjoint de TF1 – "en accord avec Martin Bouygues et Nonce Paolini", qui a été officiellement nommé directeur général de la chaîne mardi.
Des sources proches du dossier estiment que la nomination de M. Solly à TF1 sera effective dès la deuxième quinzaine de juin.
"RELENT BERLUSCONIEN"
Premier à réagir, le PCF a évoqué une "présidence totalement décomplexée au fort relent berlusconien" qui "se fixe comme objectif, facilité par la concentration des groupes de communication, d'anesthésier l'opinion publique en contrôlant les grands moyens d'information", indique le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, dans un communiqué. "La toile du président de la République ne se tisse plus dans l'ombre, son réseau notamment au sein de grands moyens d'information se construit désormais au grand jour".

La réponse à ce vieux truc utilisé par tous les systèmes totalitaires (pouvoirs politiques, familles déstructurées, mouvements sectaires, etc.) est bien connue. Elle consiste, le plus souvent pour une tierce partie, à démonter patiemment à partir d’exemples précis tout le système paradoxal devant lequel est placée la communauté, à mettre des mots sur la distorsion de la réalité en pointant les véritables motivations du manipulateur, à déjouer la manœuvre par un contre-paradoxe permettant de démasquer la supercherie.
La remédiation est facilitée lorsque l’opinion prise à témoin commence à éprouver de la honte à vouer ainsi une victime à la vindicte populaire. L’instigateur va donc s’arranger pour museler la parole ou la noyer sous un flot de données insignifiantes ou distrayantes. Il va aussi maintenir son monde dans la croyance de son bon droit, d’où, par exemple, le bannissement de la repentance.
Dans le cas qui nous intéresse, la difficulté réside plutôt dans le déséquilibre de la couverture médiatique dont bénéficie notre homme.
Son emprise sur les médias ne peut-elle, à cette échelle, être assimilée à une forme de totalitarisme ?
Tandis que la liberté de la presse est un principe non contestable, le travail effectué auprès des journalistes par une « cellule » spécialisée de l’UMP, celui effectué directement sur l’opinion par les plus grands médias aux ordres, comme TF1 et son droit de savoir, les lois liberticides promulguées ces dernières années, voire les rumeurs de "censure" posent question.
Couper systématiquement la parole lors des débats comme on l’a vu durant la campagne participe d’une démarche similaire parfaitement consciente. En dehors de l’ex-« porte-parole » du précédent gouvernement qui avait juré d’abandonner la langue de bois, la plus douée à ce petit jeu aura été la nouvelle ministre de la Justice : ça promet.
Pour un contradicteur politique il est très difficile de répondre à ce genre de manipulation dans un laps de temps très court. Ségolène Royal, avec un aplomb exemplaire, a bien tenté de le faire en dénonçant vertement l’immoralité politique de son adversaire, mais à chaud et sur un sujet réfutable. C’était sa parole contre celle de son vis-à-vis, les deux guignols présents pour « diriger » le débat faisant partie du décor. C’est là que doit intervenir le médiateur, une tierce partie dont la neutralité doit, dans l’idéal, être incontestable.
Mettons donc des mots sur les mots ou, aujourd’hui, sur les images de ce Monsieur qu’un magazine a plus ou moins traité de fou.
Il ne ferait que rejoindre ainsi implicitement ces malades qui nous gouvernent. Qu’il passe lui-même pour une victime n’est pas un problème. D’ailleurs, s’il le dit, ça doit être vrai. S’il est malade, aidons le à se soigner.
Pas plus que ses prédécesseurs dans la manipulation, il ne peut espérer réussir à tromper tout le monde très longtemps. On en a vu récemment des caricatures avec Bush ou Berlusconi : ces gens-là ne peuvent s’empêcher de trop en faire.
Essuyer ses larmes sous ses lunettes noires à la lecture de la dernière lettre de Guy Môquet sous l’œil des caméras de télévision et la voix off du commentateur qui insiste lourdement en constitue un bon exemple. Ca a ou ça aura de plus en plus de mal à passer.
Elles sont bonnes les couleuvres Martin ?
Et allez c'est parti! Une couleuvre. Il râle. Il est convoqué. Il ressort "rassuré". Cette blague! La situation des personnes en plus grandes difficultés sera prise en compte nous dit-on. Notez qu'on ne dit pas qu'ils seront exemptés de franchise. Et les autres? Les un peu moins pauvres? Les moyens moins? Les gens un peu juste, les pas tout à fait miséreux? Non non ceux là vont raquer!
Pour clore toute polémique, suite à ses déclarations concernant l'extension de la franchise sur les soins non remboursés par la Sécurité sociale, Martin Hirsch a affirmé ce mardi être «rassuré» par l'assurance que les «personnes en difficulté» seront prises en compte dans le cadre de l'instauration de ces franchises prévue par Nicolas Sarkozy.
La réforme de l'assurance maladie instaurée en 2004 par Xavier Bertrand ¬ ex-ministre de la Santé désormais ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité ¬ avait déjà instauré le principe du forfait non remboursable : un euro par consultation et 18 euros pour les actes médicaux d'un montant supérieur à 91 euros.
Durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a proposé de généraliser ce principe en ajoutant quatre franchises non remboursées par la Sécurité sociale sur «les premiers euros annuels» dépensés en examens biologiques, en médicaments, les visites médicales et l'hospitalisation.
Les organisations syndicales, les associations d'usagers, ou de lutte contre la pauvreté comme Emmaüs France, ont toujours dénoncé ce système qui, selon elles, va à l'encontre du principe de solidarité qui fonde la Sécurité sociale, et peut pousser des gens à renoncer à se faire soigner.
Pénalisés= les smicards et les classes moyennes
Une franchise, c'est une somme sur 4 types de soins ou d'actes (donc 4 possibilités de franchise); elle peut être à l'année ou à l'acte.
Cette somme ne sera plus du tout remboursée.
Celle-ci pourra atteindre plus de 100 euros.
De plus, ELLE SERA INDEXEE AU DEFICIT de la Sécu. Or, comme les heures supplémentaires et le travail étudiant ne seront plus soumis aux cotisations, il va forcément y avoir une augmentation du "trou" de la sécu.
Donc cette franchise augmentera chaque année. Jusqu'à ce que les mutuelles privées deviennent le dernier recours, la sécu apparaissant comme complètement inutile.
Certes, il semble selon Martin Hirsch que les 'plus pauvres' (RMIstes, chômeurs) seront dispensés de cette franchise. Mais croyez-vous vraiment qu'un smicard pourra éviter de penser aux 100 (ou +) euros de franchise avant d'aller se faire soigner? Et combien de temps croyez-vous que les smicards vont accepter de supporter cette charge alors que les RMIstes en seront dispensés?
Hirsch est dans son rôle, il s'est soucié du sort des plus démunis. Reste ceux qui sont un peu au dessus de la barre et qui vont être touchés par l'instauration de la médecine à deux vitesses. Quelques euros ce n'est rien pour certains et c'est déjà beaucoup pour d'autres. Nous sommes déjà bien inégaux vis à vis de la Santé mais Sarkozy fait là un choix de société lourd de conséquences, sans régler pour autant le problème des comptes
Résistance citoyenne.
Désobéissance civile.
Insurrection démocratique.
22/05/2007La France Présidente.
Le «peuple de gauche» aime encore Ségolène Royal.
Le «Baromètre populaire»-LH2 réalisé pour Libération auprès des sympathisants de gauche l'indique clairement : la défaite à la présidentielle n'a pas porté un coup politique fatal à Ségolène Royal.
Forte des 16,8 millions de voix qui se sont portées sur son nom, l'ex-candidate reste «la personnalité socialiste qui représente le mieux les valeurs de la gauche» pour 41 % des électeurs de gauche.
Elle devance largement son seul véritable rival, Dominique Strauss-Kahn, qui ne recueille que 28 %.
Les autres personnalités citées (Fabius, Hollande, Montebourg) ne font que de la figuration avec un score de 7 %.
Si Ségolène Royal reste populaire à gauche, c'est essentiellement parce que son camp ne lui fait pas porter la responsabilité personnelle de l'échec du 6 mai.
Avec un tel capital, l'ancienne candidate est donc bien placée pour peser sur les orientations futures du PS.
A cet égard, 37 % des sympathisants de gauche souhaitent que le PS «prenne plus clairement une orientation sociale-démocrate», alors qu'ils ne sont que 14 % et à peine 7 % chez les ouvriers-employés à préférer «une orientation antilibérale». Les autres (45 %) souhaitent que le PS «rassemble ces deux sensibilités».
«Les sympathisants de gauche aspirent à une gauche fédérée autour d'un Parti socialiste plus ouvert», affirme François Miquet-Marty. Le politologue diagnostique un «désir d'ouverture» qui s'explique par un «triple contexte» : la nécessité pour la gauche de reconstruire une stratégie de victoire, la faiblesse électorale des partenaires historiques du PS et «le succès de la thématique de l'ouverture illustrée par les positionnements de François Bayrou et de Nicolas Sarkozy».
Dans l'opinion de gauche, un schéma semble ainsi se dessiner : Ségolène Royal à la tête d'une alliance allant de Bayrou à Besancenot.
Jean-Dominique MERCHET.
21/05/2007Communiqué de la Présidence de la République.Notre surintendant Claude Guéant tient à signaler à mesdames et messieurs les journalistes que, désormais, les jogging, footing et courses Présidentiels seront encadrés et produits par les équipes d’Élysée TV, confiées à monsieur François de la Brosse.
De manière à ce que chaque chaîne de télévision dispose d’images de qualité des asq (activités sportives quotidiennes) de Notre Président, quatre caméras les filmeront en pemanence (une depuis un hélicoptère, deux à l’épaule, une embarquée sur une moto). Seules ces images (non siglées) seront autorisées à la diffusion sur toutes les chaînes de télévision du monde (worlwide).
Tout journaliste souhaitant récupérer des images de ces cpq (courses présidentielles quotidiennes) devra en faire la demande auprès de monsieur Georges-Marc Benamou, conseiller spécial de Notre Président pour la culture et l’audiovisuel.
Au cas où certain(e)s journalistes souhaiteraient participer de l’intérieur à l’une de ces séances de courses, ils (elles) pourront obtenir une accréditation auprès de madame Catherine Pégard. Il s’agit d’une accréditation spéciale nommée "Jogbedment". Elle donne accés aux vestiaires particuliers de la Présidence et permet au(x) journaliste(s) de participer durant quelques minutes à l’Effort Présidentiel, de manière à pouvoir en rendre compte ensuite avec l’entière objectivité (corporate) qui s’impose .
Nota bene : Le Président ne donne jamais aucune interview pendant qu’il court.
Par ailleurs, Notre surintendant Guéant rappelle que toutes les images volées sont désormais totalement interdites à la diffusion.
|
|