31/01/2007
Imaginez la France d'après !!!
Une cellule des Renseignements généraux met sous pression les riverains du siège de campagne du candidat UMP, rue d'Enghien, à Paris. L'équipe de campagne a refusé de commenter.
Début janvier, Nicolas Sarkozy établit son QG de campagne 18 rue d’Enghien, dans le Xème arrondissement de Paris. Le candidat a choisi ce quartier pour s’éloigner des arrondissements chics, les 8ème et 16 ème. Dès le premier jour, la rue d’Enghien est mise sous haute surveillance policière. Dans la foulée, tous les habitants des trois immeubles qui font face au QG reçoivent une étrange enveloppe saumon, sans cachet de la Poste.
A l’intérieur, une lettre, datée du 15 janvier, leur demande de répondre au plus vite à un recensement de sécurité. On leur communique un numéro de téléphone. Au bout du fil, un policier questionne : nom, prénom, date de naissance. Au cours de la conversation, le policier se fait plus précis. Il suggère à son interlocuteur de ne pas recevoir de paparazzi chez lui, évoque avec lui les dangers terroristes, la présence d’un éventuel sniper planqué sur les toits. En quelques minutes, l’habitant de la rue d’Enghien est mis sous pression. Le voilà devenu un riverain fiché par la police.
Des riverains choqués
En fait, le fonctionnaire est un agent du service Enquête des Renseignements Généraux de la préfecture de Police de Paris, basé rue aux Ours, dans le 3ème arrondissement. Cette cellule des RG enquête généralement sur les mariages blancs, les candidatures pour les postes particulièrement signalés. Sa mission : fouiller le passé de certains citoyens pour le compte de l’administration. Des riverains sont choqués par la méthode. Quand ils téléphonent au numéro indiqué, leur interlocuteur ne leur précise pas qu’il travaille pour les RG, mais il les soumet à un interrogatoire qui leur fait comprendre qu’ils font désormais partie d’un périmètre de haute sécurité et que tous leurs faits et gestes risquent d’être surveillés. "C’est intolérable, raconte une jeune femme du quartier. Nous avons le sentiment d’être dans la Cité Interdite, mais surtout d’être sous le contrôle d’un Big Brother qui s’appelle Nicolas Sarkozy".
"Une annexe du ministère"
Pour la préfecture de Paris, il n’y a rien d’illégal dans cette activité. Est-ce si sûr ? Des habitants fichés par la police pour le seul motif d’être logés près du siège du candidat UMP. Alors qu’aucun autre prétendant à l’Elysée n’a bénéficié de ce "régime de faveur". Au siège de Ségolène Royal et de François Bayrou, on réfute toute enquête sur les voisins effectuée par la police. Pour qui alors travaillent ces fonctionnaires des RG ? Pour le candidat Sarkozy ou pour le locataire de la place Beauvau ? Devant sa porte, une habitante ironise : "C’est une annexe du ministère de l’Intérieur, ici".
Léna Mauger.
Save a horse...Ride a cowboy.Blairisme. Blairiste. Blaireau
Il faut se méfier des simplificateurs. Leurs effets de manche n'ont souvent d'autre but que de masquer leur nature de démagogue. Ainsi va Nicolas Sarkozy en matière de droit du travail. L'intéressé, c'est connu, aime l'ordre. Il entend le ramener aussi dans le champ social et élaguer le maquis des contrats de travail qui n'a cessé de s'épaissir depuis trente ans à mesure que la marée du chômage montait. Sus aux CDI, CDD et contrats aidés de toute nature, place au «contrat unique» ! Fleurant ce bon sens que le candidat-ministre flatte chez l'électeur, le slogan est séduisant. Il a tout de l'escroquerie. Qui ne souscrirait à l'idée de rendre plus lisible les mécanismes du marché du travail ? Jeunes diplômés comme salariés précaires, chômeurs comme chefs d'entreprise s'y retrouvent. Pas sûr qu'ils aient tous à y gagner. La preuve : dès que la réalité du «contrat unique» devient plus complexe, Sarkozy se fait étrangement flou. Il loue l'héritage villepinesque du CNE, cette trouvaille qui permet de se débarrasser d'un salarié sans motif, et assure vouloir s'en «inspirer». Mais il envoie le patelin Xavier Bertrand réfuter toute «généralisation» dudit contrat pour rassurer la «France qui souffre». Royal aurait été taxée de gaffeuse pour moins que ça... De même, Sarkozy se cache derrière le totem de la «flexsécurité» scandinave, sans assumer le haut niveau de prélèvements obligatoires qui va avec. Enfin, il brandit l'étendard syndical de la sécurisation des parcours professionnels sans lui donner le moindre contenu crédible. A sa décharge, le patron de l'UMP vient tout juste de se mettre à citer Jaurès et Blum. Et il préfère poser aux côtés de Tony Blair plutôt que de commencer à les lire.

Brigitte Reynes, juriste, est directrice du Lirhe (Laboratoire interdisciplinaire de recherche sur les ressources humaines) à Toulouse.
En quoi le contrat unique améliorerait-il le fonctionnement du marché du travail ?
Difficile déjà de savoir de quoi on parle : Nicolas Sarkozy veut-il créer un nouveau contrat qui étendrait le CNE à tous les salariés ? Ou fondre tous les contrats existants dans un modèle unique à période d'essai allongée ? C'est cette dernière solution qu'ont prônée des économistes, comme Pierre Cahuc et Francis Kramarz. Elle aurait un atout, simplifier le maquis des contrats de travail actuels : CDI, CDD, mais aussi CDI de chantier (le contrat s'arrête avec le chantier), CNE, qui lui aussi juridiquement est un CDI, contrats d'intérim, contrats aidés... Le contrat unique permettrait également de mettre fin à la dualité injuste du marché du travail aujourd'hui : d'un côté, les salariés en CDI certes très majoritaires que le droit du licenciement protège. De l'autre, les précaires, des jeunes peu qualifiés surtout.
Nicolas Sarkozy dit vouloir accompagner ce contrat d'une sécurisation des parcours professionnels...
Je ne vois pas bien comment. Un exemple : lorsqu'une entreprise aura un besoin temporaire de main-d'oeuvre, pour remplacer un salarié malade par exemple, elle embauchera une personne en contrat unique... pour la débaucher au retour de son salarié. Le risque, c'est que ceux qui enchaînent aujourd'hui les CDD enchaînent bientôt les contrats uniques courts... Le contrat unique ne résoudra pas les problèmes de fond : améliorer la qualification des salariés, mieux accompagner les chômeurs. Et que fait-on avec les CDI vieille version ? Cohabiteront-ils avec les contrats uniques nouvelle formule ? Tout cela me paraît bien irréaliste.
Le Medef ou l'ANDCP, une association de DRH, ne défendent pas le contrat unique.
Ils ont tiré les leçons du CNE. Avant tout une grande insécurité juridique. Des employeurs ont été à plusieurs reprises condamnés par les prud'hommes pour des licenciements hâtifs. Les derniers chiffres de l'Acoss (1) montrent que, en décembre 2006, le nombre de CNE potentiellement signés a baissé de 9,2 % en un mois et de 43 % en un an. Ça peut vouloir dire que les employeurs qui avaient besoin de contrats plus souples ont surtout embauché à la création du CNE. Mais aussi que les incertitudes juridiques les freinent. En fait, sous couvert de contrat unique, certains politiques et économistes, comme les milieux patronaux, veulent surtout résoudre la question de la rupture du contrat de travail. Assouplir le droit au licenciement. La question du type de contrat est finalement marginale. Apprendre à compter N°3
Officiellement, le chômage touchait 2.172.000 de personnes en Décembre. Mais ce chiffre ne tient compte que des chômeurs de catégorie 1, c'est-à-dire des demandeurs d'emploi immédiatement disponibles, à la recherche d'un CDI à temps plein, et qui ont travaillé moins de 78 heures dans le mois. Actuellement, le calcul du taux de chômage exclut donc les personnes en recherche d'emploi qui, faute de mieux, se contentent de missions d'intérim, d'un temps partiel ou d'un CDD, ceux qui exercent une "activité réduite" de plus de 78 heures par mois mais cherchent une activité plus stable et restent dans les fichiers, les chômeurs des départements d'outre mer (DOM), les chômeurs en arrêt-maladie ou en formation, les licenciés économiques en convention de reclassement personnalisée (CRP) ou en contrat de transition professionnelle (CTP), ou bien encore les chômeurs "âgés" dispensés de recherche d'emploi (DRE). Ce sont au total "près de 4,45 millions de personnes" qui sont recensées "en tant que demandeurs d'emplois" dans les 8 catégories de l'ANPE, n'en déplaise à Jean-Louis Borloo...
"Depuis 25 ans ces «chômeurs invisibles» représentent une proportion croissante de l'ensemble des inscrits à l'ANPE : au cours de l'année 2006, la part de ces chômeurs dans le total des demandeurs d'emploi a dépassé pour la première fois 50% alors qu'elle n'en représentait que 10% en 1982", malgré ces "artifices statistiques", le chômage "se maintient à un niveau structurellement élevé" depuis le début des années 1990 et que le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE "demeure inflexible autour de 4,5 millions" depuis 15 ans.
47% des chômeurs ne sont pas indemnisés (contre 41% en 2003)
Ils n'ont pas cotisé assez pour ouvrir des droits (jeunes, précaires…), ou ils sont en fin de droits mais leur conjoint travaille et ils n'ont pas droit à l'ASS ou au RMI (attribués par foyer fiscal). Ne pouvant prétendre à aucune allocation, nombre d'entre eux ne voit pas l'intérêt de s'inscrire et de pointer à l'ANPE (notamment les moins de 25 ans qui ne bénéficient même pas du RMI) : ils sont donc exclus des statistiques.
Le nombre des RMIstes a explosé : + 20% depuis 2002
Le chômage de longue (+ d'un an) voire de très longue durée (+ de 3 ans) n'a cessé de croître : en 2004, il représentait 30% des inscrits à l'ANPE. A fin 2006, les "fin de droits" de l'Assedic sont 458.800 à percevoir l'ASS (allocation spécifique de solidarité, ancêtre des minima sociaux créé en 1984, + 8,2% de hausse en 2005) mais, sans compter les 47% de non-indemnisés, les chômeurs les plus «invisibles» sont bien les 63% de RMIstes (790.000 sur un total de 1,26 million d'allocataires du Revenu minimum d'insertion, créé en 1988 et versé par la CAF) qui ne pointent pas à l'ANPE et échappent aux chiffres du chômage.
EMPLOI
L'INSEE a relevé l'existence de 5.848.000 chômeurs "équivalent temps plein" sur une population active occupée de 24.921.000 personnes, alors que la population active totale (occupée + chômeurs officiels) totalisait environ 27.600.000 individus. Ce qui, pour 2005, donnait un taux de chômage en équivalent temps plein de 20,9%...
Contrats aidés, emplois de service, missions d'intérim ou CDD sans issue : encouragés par la politique du gouvernement, 80% des offres d'emplois restent dans le champ de la précarité et du Smic.
Les "emplois durables" ne représentent que 30% des offres de l'ANPE (si l'on considère que les CNE et les CDD de plus de 6 mois sont "durables")...
• Intérim : + 8,6% sur un an
Pour une moyenne de "près de deux semaines", les missions d'intérim explosent. A l'issue de ce travail temporaire subi, peu de chance de décrocher un CDI ou même un CDD. Le ministère du Travail considère que l'évolution de l'intérim est un "indicateur précurseur" de l'évolution de l'emploi salarié qui, pourtant, n'a progressé que de 0,9% sur un an : cette hausse de l'emploi intérimaire confirmerait la tendance optimiste "à la reprise"... On en doute. 30/01/2007Mariage et adoption des couples homosexuels: pour Nicolas Sarkozy, c'est non
Les dernières déclarations du président de l'UMP sur le mariage et l'adoption par des couples homosexuels explique peut-être mieux pourquoi Nicolas Sarkozy hésite depuis si longtemps à accorder une interview à Têtu.Le candidat UMP à l'élection présidentielle prend position clairement contre le mariage et l'adoption par des couples du même sexe, tout en prônant une réforme du Pacs pour obtenir une «égalité sur le plan financier». «J'y ai beaucoup réfléchi et j'y suis opposé [...] C'est clair et précis», explique-t-il à propos du mariage et de l'adoption. «Le modèle qui est le nôtre doit rester celui d'une famille hétérosexuelle: les enfants ont besoin d'un père et d'une mère», poursuit-il, reprenant à son compte les positions de Jacques Chirac, mais aussi celles de l'entente parlementaire UMP/UDF contre le mariage des couples homos qui depuis janvier dernier se bat pour contrer toute velléité d'ouverture à droite. Pour contrebalancer cette position –et après les avoir discriminé en leur refusant le droit de se marier ou d'adopter, Nicolas Sarkozy rappelle (il l'avait déjà écrit dans Témoignage, son dernier opus), qu'il est «profondément hostile» à toute forme de discrimination. «Les homosexuels ne doivent pas en subir. C'est pourquoi je suis partisan de l'égalité sur le plan financier», poursuit-il. Il faut «créer un système qui, sur le plan fiscal, patrimonial et successoral, garantisse l'égalité entre un couple hétérosexuel et un couple homosexuel». Les réactions n'ont pas tardé. «Ainsi Nicolas Sarkozy a-t-il finalement tranché, après avoir laissé entendre avant l'été que sa réflexion n'était pas mûre», écrit l'Inter-LGBT qui déplore l'impossible dialogue avec Nicolas Sarkozy sur les questions liées au couple et à la parentalité. Le ministre de l'Intérieur avait en effet annulé son rendez-vous avec l'Inter-LGBT à la veille de la Marche des fiertés fin juin. «Néanmoins, le projet de loi de finances pour 2007 lui donne une occasion en or pour appliquer la seule idée qu'il s'apprête à défendre en faveur des couples de même sexe: l'égalité financière. L'Inter-LGBT espère que le président de l'UMP saura convaincre le gouvernement.» Le mouvement LGBT associé au l'UMP, GayLib, qui réclamait clairement le mariage et l'adoption pour les homos, estime que «Nicolas Sarkozy n'a pas pris en considération la diversité de nos familles». Son président, Stéphane Dassé, veut néanmoins voir dans ces déclarations «la définition du périmètre du débat, une porte ouverte qui nous appelle à la créativité, pour inventer ce que peut être l'après-Pacs. Mais notre mouvement va au-delà dans ses revendications. Nicolas Sarkozy reste notre principal allié à l'UMP.» Un allié qui ne semble pas prendre à son compte les principales revendications de GayLib.

Le leader d'Alliance nationale signe la préface italienne du livre de Nicolas Sarkozy
Peu connu pour son ouverture d'esprit, en particulier sur le sort des immigrés et des homosexuels,c'est Gianfranco Fini, le président d'Alliance nationale, parti de droite nationale conservatrice, héritier des fascistes, qui préface l'édition italienne de Témoignage, le livre de Nicolas Sarkozy, paru en France en juillet 2006. «Sarkozy a géré ses batailles avec une attitude raisonnée et ferme, faisant preuve d'une force de volonté formidable, lit-on dans l'introduction. Une caractéristique qui l'a aidé à surmonter les phases très dures de sa vie, qui ne lui ont pas empêché de polémiquer âprement avec Jacques Chirac. Non pas un duel mais une confrontation entre deux visions différentes du gaullisme, de la politique et de l'État.» La présentation aux lecteurs italiens se conclut par des vœux: «Nicolas mérite une large majorité présidentielle pour l'Élysée. De sa part, on peut tirer des idées, des trouvailles, des notes et des expériences utiles pour le travail de la droite italienne.»(...)“ Aucune égalité n’est possible pour les couples homos ”. La phrase sort de la bouche de Gianfranco Fini, invité sur l'une des chaînes de télévision de Berlusconi, pour discuter de paternité. Le chef de Alleanza Nazionale, le parti des neveux moraux de Mussolini.Pendant l’émission, un journaliste néerlandais interroge Fini sur le document anti-gay du cardinal Ratzinger, qui donne des indications de comportement aux politiques. Fini réplique : “ On ne peux pas contester à l’Eglise son droit et son devoir d’exposer des positions étiques. Ce n’est pas un Etat ou le gouvernement d’un autre pays qui intervient ”. Et d'ajouter: “ La famille naturelle et celle composée de deux personnes du même sexe ne peuvent être mises sur le même niveau ”. Il y a quelques années, dans la même émission, Fini avait déclaré qu’il “ faudrait interdire aux gays d’être instituteurs ”. Aujourd’hui il corrige : “ Si un gay est maître d’école, il ne doit pas imposer son homosexualité comme modèle à l’enfant. Regardez les hétéros, ils ne s’obstinent pas à montrer leur hétérosexualité, car elle est la normalité ”.

29/01/2007Sarkozy exposé dans une affaire de musée fantôme
Scandale financier autour d'oeuvres d'art dans les Hauts-de-Seine
Voilà au moins une promesse que Nicolas Sarkozy n'a pas tenue. Sous sa casquette de président du conseil général des Hauts-de-Seine, le président de l'UMP avait déclaré, en janvier 2005, qu'il voulait «sortir» le département d'un dossier de gabegie de fonds publics doublé de soupçons de détournement. Mais l'affaire de la donation Jean Hamon, qui a valu à deux barons du «92», Charles Pasqua et André Santini, d'être mis en examen, continue de tourner au vinaigre, et sa gestion par Sarkozy ne semble pas plus brillante que celle de ses prédécesseurs.
Pasqua et Santini. La cour d'appel de Versailles vient en effet de confirmer que le conseil général est bien le propriétaire d'une collection d'art contemporain estimée à 12 millions d'euros. Cette apparente bonne nouvelle n'en est pas une, car la collectivité locale souhaite par-dessus tout se débarrasser de ces 192 oeuvres d'art, pour ne plus avoir à payer leur entretien et leur stockage. A l'origine, cette collection, fruit d'une donation faite en 2000 par un riche mécène, Jean Hamon, devait être exposée dans un musée d'Issy-les-Moulineaux. Ce projet n'a finalement pas vu le jour. L'affaire a pris un tour judiciaire en 2003 lorsqu'une juge versaillaise s'est demandée pourquoi le département a financé à Jean Hamon, sans aucune rigueur, pour 800 000 euros d'entretien et de loyers des oeuvres, stockées dans un château propriété du milliardaire. La justice se demande même si une partie de l'argent ne s'est pas évaporée. Ces soupçons de détournement de fonds publics ont valu à Charles Pasqua, prédécesseur de Sarkozy à la tête du département, et à André Santini, président du syndicat mixte créé pour le projet du musée, ainsi qu'à plusieurs hauts fonctionnaires de la collectivité locale d'être mis en examen.
Mise en demeure. Mécaniquement, la question de la mise en cause judiciaire de Nicolas Sarkozy peut se poser, puisque, après sa prise de pouvoir, début 2004, le conseil général a continué à payer pendant un an les frais de location des oeuvres d'art alors qu'à ce moment tout le monde savait que le projet de musée était enterré. Deuxième bévue : le conseil général a finalement décidé d'arrêter de payer, et lancé une procédure pour que la justice dise que la donation faite par Hamon était inexistante. Raté, puisque la cour d'appel vient donc de confirmer que le département en est bien l'heureux propriétaire. Conséquence, Me Philippe Gumery, l'avocat de Jean Hamon, a adressé une mise en demeure au conseil général, à la ville d'Issy-les-Moulineaux, dirigée par André Santini, et à un syndicat mixte pour qu'ils règlent les loyers impayés (près de 300 000 euros). «En sortir», avait promis Sarkozy, qui a d'autres chats à fouetter...
Fabrice TASSEL
Deux poids...deux mesures !!!
28/01/2007C'est pas Ségolène qui le dit....27/01/2007La France selon Sarkozy
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La Ligue des Droits de l'Homme dénonce dans un rapport "une régression assez stupéfiante des droits et des libertés en France, jamais vue depuis la guerre d'Algérie", selon son président Michel Tubiana. Selon lui, cette situation découle de l'effet cumulé de nombreuses réformes engagées par l'actuel gouvernement: "scandaleuses" individuellement, elles forment "un ensemble cohérent" qui "commence à constituer un changement de nature de la République", estime-t-il.
La Ligue dénonce "la limitation des droits des citoyens" et la "la volonté du gouvernement actuel de faire adopter des lois sécuritaires et d'appliquer des restrictions aux droits économiques et sociaux". Pour autant, la LDH souligne que les "prémices" des mesures mises en oeuvre par l'actuelle majorité étaient déjà présentes dans l'action des précédents gouvernements.
La guerre globale au terrorisme inclut aussi bien la surveillance des musulmans que celle des anti-mondialistes. Non content de mener des actions de renseignement et d'infiltration sur son territoire, le FBI entend les poursuivre chez ses alliés. À la suite d'un processus juridique entaché d'irrégularités, l'Union européenne a autorisé ces agissements sur le territoire de ses Etats membres. Et en France, la loi Perben 2 a légalisé un dispositif international qui n'a jamais été présenté à l'approbation du Parlement. Désormais, c'est non seulement le FBI, mais tous les services spéciaux américains (CIA, commandos Delta, etc) qui pourront agir impunément en Europe. (...)
Le statut juridique de cet accord est on ne peux plus mystérieux. Il a été conclu sur la base de l'article 24 du Traité sur l'Union européenne, au nom de l'Union elle-même et non pas de ses États membres. Pourtant, l'Union n'a pas de personnalité juridique propre et n'a aucune compétence externe pour conclure des accords internationaux au nom des États membres. Quoi qu'il en soit, cet accord n'a pas été présenté aux Parlements nationaux pour ratification.
Il s'agit du premier cas d'action supra-nationale externe de l'Union européenne. Il est illégal et n'a jamais été débattu.
L'originalité de cet accord est que son interprétation est évolutive en fonction des modifications de la définition du terrorisme et des procédures pénales par les parties contractantes. Il prévoit donc un système de consultation pour ces adaptations. (...)
Cette étonnante manipulation aboutit à légaliser l'intervention du FBI, y compris pour des missions d'infiltration, sur le territoire français dans toute affaire de lutte contre le terrorisme, contre la criminalité organisée et contre le trafic de drogues. L'Attorney général (ministre de la Justice) des États-Unis est simplement tenu d'informer son homologue, le Garde des sceaux français. (...) Ainsi, d'irrégularités juridiques en manipulations parlementaires, la France a légalisé les activités d'infiltration des services secrets américains sur son territoire, incluant l'irresponsabilité pénale des agents, l'autorisation de transport de produits illicites, la sanction des journalistes qui révéleraient l'identité des agents infiltrés, etc.En 2003, dans le cadre de la lutte anti-terroriste, l'Attorney général John Ashcroft avait autorisé des actions de renseignement et d'infiltration dans les mosquées (avec fichage nominatif de tous les ressortissants américains pratiquant la religion musulmane), mais aussi dans les associations anti-mondialisation et dans les groupes politiques opposés à la guerre en Irak. Il peut désormais poursuivre ces missions en France. ça se passe près de chez vous...26/01/2007Fouché
Fouché :Appuyant le coup d'Etat du 18 brumaire, il reste ministre de la Police où il s'emploie à créer un réseau de police secrète efficace. Suscitant la méfiance du Premier Consul, il est nommé Sénateur et voit son ministère supprimé, conservant toutefois un rôle dans l'arrestation de PICHEGRU, MOREAU et le duc d'Enghien. L'avènement de l'Empire voit son retour au poste de ministre où il brille par son efficacité et son zèle. Ses intrigues parallèles avec TALLEYRAND jouent pourtant contre lui, le désormais duc d'Otrante est exilé en juin 1810 à Aix.
«Infiltration». le ministre de l'Intérieur a essayé de placer au côté de la candidate socialiste un garde du corps du service de protection des hautes personnalités (SPHP) «encarté à l'UMP», susceptible de le renseigner sur les faits et gestes de son adversaire.
Echaudé, Patrick Menucci, membre de l'équipe de Royal, dit continuer à se méfier des «manoeuvres de basse police». A l'image de la fiche des Renseignements généraux sur Bruno Rebelle «Ça fait quinze ans que des gars de ce service font de l'infiltration. On n'est jamais sûr...»
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Dans une interview au Parisien, le frère cadet de la candidate socialiste, déclare avoir l'objet d'une enquête des Renseignements généraux.
Ce dernier affirme qu'il connaissait déjà "très bien" cette fonctionnaire depuis l'époque où "elle s'occupait des enquêtes économiques sur les entreprises innovantes".
"Je n'ai rien évoqué sur Ségolène et sur mon frère Gérard" (ancien membre de la DGSE), dit-il. Commentant cet épisode, il estime que "cela fait partie des méthodes de (Nicolas) Sarkozy". "J'ai été mêlé à une affaire dont se sert aujourd'hui le ministre de l'Intérieur pour déstabiliser ma soeur"."En enquêtant sur moi, les hommes de Sarkozy visent ma sœur. C'est une campagne de dénigrement", conclut-il.
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Quel crédit peut-on apporter aux informations contenues dans l'article du Canard enchaîné ?
- L’essentiel de l'article est absolument exact. Il existe juste une petite erreur, qui concerne la mise en cause du commissaire Pichon. Pour le reste, il est exact qu'une fiche des Renseignements généraux sur Bruno Rebelle a été établie sur demande expresse de la hiérarchie le 15 janvier, soit le lendemain de l'annonce de son ralliement à Ségolène Royal. On ne peut certes pas prouver que cette enquête a été diligentée par le ministre de l'Intérieur. Elle peut également avoir été rédigée à l’initiative de la Direction centrale des Renseignements généraux, sans ordre particulier.
On peut simplement remarquer que la seule actualité concernant Bruno Rebelle était son ralliement à l'équipe de Ségolène Royal...
De qui dépendent les Renseignements généraux ?
- C'est le gouvernement qui nomme le directeur des RG. Le supérieur du directeur des Renseignements généraux est le ministre de l'Intérieur. Tous les soirs, vers 18h, le directeur des RG transmet une note de synthèse à la place Beauvau. Ce qui signifie que le 15 janvier au soir, au plus tard, Nicolas Sarkozy était informé qu'une fiche détaillée avait été établie sur Bruno Rebelle.
Par qui peuvent être effectuées les vérifications demandées par François Hollande ?
- Rien de plus simple, il suffit de demander à l'IGPN (Inspection générale de la Police nationale, ndlr) de vérifier les ordinateurs de leurs collègues des RG. Ils sauront alors dans le détail quand la fiche sur Bruno Rebelle a été faite, sur la demande de qui et pour quelles raisons. Si le ministre de l’Intérieur-candidat, qui clame son innocence, veut prouver sa bonne foi, il lui suffit donc de saisir l’IGPN, la police des polices. Or, je remarque qu’il s’est bien garder de le faire…
Olivier Toscer.
Sources : Le Monde.Libération.Le Nouvel Obs. 25/01/2007Votez Le Pen !
Voilà un immigré de la deuxième génération. Il a vécu toute sa vie en banlieue. La république lui a tout donné : un enseignement mis au point par des générations de dévoués pédagogues, des services publics efficaces, des soins médicaux quasi gratuits grâce à la sécu, la liberté de s'exprimer, de circuler, de s'engager en politique, le droit de vote, et même celui d'être élu ! Et voilà ce que ça donne, arrivé en haut de l'échelle, devenu ministre d'état, ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy reste quand même un gosse des banlieues. Il parle mal. Il est vulgaire. On le sait à l'origine des émeutes, il y a ses mots. L'étincelle qui a tout fait exploser. Après avoir promis de nettoyer au Karcher, il s'est engagé à les débarrasser de la racaille. Pourtant, s'il a réussi, lui, à sortir de sa désolante banlieue (Neuilly : l'enfer !) pour monter à Paris c'est bien parce qu'on lui a appris les bonnes manières, le français classique, la bienséance. Le banlieusard aime qu'on lui parle correctement, comme à un français normal. Il sait que le ministre d'état ne se met pas à parler petit nègre quand il rencontre des africains, ni à rouler les "r" avec les auvergnats. Parler vulgaire à un banlieusard, c'est lui mettre le nez dans sa misère, dans sa honte, lui signifier qu'il n'est bon qu'à croupir dans son ghetto. Traiter de racailles quelques centaines de jeunes dont le seul tort est de l'avoir hué lors d'une visite (et de lui avoir lancé quelques projectiles), c'est être délibérément offensant. C'est faire de la provoc'. C'est agir en chef de bande, venir provoquer l'adversaire chez lui, l'humilier, le chauffer, le faire sortir de ses gonds. Le banlieusard Sarkozy sait tout cela ..
Il a dit qu'il retournerait en banlieue chaque semaine, et il le fera. Il les traitera de vermine, de bâtards, de bouffons, de crapules, de minables, de canailles, de rebuts, tous les mots qui font mal et qui font de l'audimat. Deux gamins mourront d'une mort atroce parce qu'ils ont paniqué face à des flics ? Il n'aura pas une parole de compassion. Une grenade lacrymogène atterira dans une mosquée ? Quand on marche sur le pied de quelqu'un même si ce n'est pas exprès on s'excuse : lui ne le fera pas. Il en a donné la preuve au long de ces quinze jours d'émeute : jamais il ne dira les quelques mots qu'on attend de lui. Jamais. Car pour rafler les électeurs de Le Pen, il faut faire du Le Pen. Ce dernier l'a bien compris : marquant sa solidarité avec Sarkozy, il a prédit que ces deux mots (Karcher et Racaille), "il va les trainer toute sa vie, comme moi j'en ai trainé un durant vingt ans". Bien vu : pour le "point de détail", jamais Le Pen n'a présenté d'excuses, jamais.
Jean-Luc Porquet
La France d'après....
Nicolas Sarkozy veut s'inspirer du CNE pour un contrat unique
Nicolas Sarkozy a déclaré mercredi, lors d'une rencontre avec des patrons de PME, qu'il entendait s'inspirer du "contrat nouvelle embauche" (CNE) pour créer un contrat de travail unique s'il était élu le 6 mai à la présidence de la République.
"Le CNE est un progrès, il ne faut pas y toucher", a déclaré le ministre de l'Intérieur et candidat de l'UMP lors de cette rencontre organisée par la CG-PME dans un théâtre parisien. Le CNE, pour le moment réservé aux entreprises de moins de 20 salariés, prévoit une période d'essai de deux ans et rencontre un certain succès auprès des PME.
"Je garderai l'intérim et les contrats de projet (...) mais le contrat de travail unique inspiré du CNE est une occasion de simplifier beaucoup le droit du travail français", a ajouté Nicolas Sarkozy.
Il a précisé plusieurs autres de ses propositions, dont son projet de franchise sur les soins médicaux, qu'il préfère à une éventuelle franchise d'un euro sur chaque boîte de médicament, pour "responsabiliser les patients".
"Je propose une franchise sur les 10 premiers euros de consultation médicale annuelle, les 10 premiers euros de consommation de médicament annuelle, les 10 premiers euros d'examens biologiques annuels et même les 10 premiers euros annuels d'hospitalisation", a-t-il déclaré.
Il a réaffirmé que tout versement d'un minimum social devait avoir pour contrepartie l'exercice d'une "activité minimum".
24/01/2007Sarkozy tueur incognito.
Elu, il proposera une déduction qui ira jusqu'à 50 000 euros.
Mieux qu'un hold-up. En une phrase, Nicolas Sarkozy, le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle, vient d'annoncer qu'il voulait, de fait, supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Dans une interview au Monde, il a déclaré que, s'il était élu, il souhaitait ouvrir la possibilité «à ceux qui paient l'ISF de déduire une somme de cet impôt, par exemple jusqu'à 50 000 euros, à condition de l'investir dans les PME». En français courant, pour les non-fiscalistes, il s'agit purement et simplement de «vider de toute substance l'impôt sur la fortune», explique Vincent Drezet, le secrétaire général du Snui (Syndicat national unifié des impôts).
Passe-passe : Le mécanisme est simple : un contribuable assujetti à l'ISF qui investit jusqu'à 50 000 euros par an dans une PME pourrait immédiatement déduire cet investissement de la somme qu'il paie au titre de l'ISF. D'après les calculs du Snui, près de 95 % des contributeurs de l'impôt de solidarité sur la fortune pourraient y échapper contre un tel investissement. En effet, ces contribuables déclarent un patrimoine moyen de 3,8 millions d'euros. Et s'acquittent, en moyenne, d'un ISF de 17 000 euros par an. Pour eux, «investir 50 000 euros tous les ans dans une PME, c'est loin d'être infaisable», note Vincent Drezet.
La réduction promise par Sarkozy est quasi inédite dans l'histoire fiscale. Pour retrouver un tel système, il faut remonter à la décision d'Edouard Balladur, ministre des Finances entre 1986 et 1988, d'autoriser la déduction de la totalité des salaires d'employés à domicile de l'impôt sur le revenu. Une mesure qui a disparu. «D'habitude, on applique un coefficient, on n'applique jamais un taux à 100 %», poursuit le Snui.
Pas sûr que Nicolas Sarkozy et son équipe ne finissent pas par rétropédaler dans les jours à venir. La proclamation d'une telle déduction a fait flotter une partie de la majorité toute la journée d'hier, certains députés ne masquant pas leur inquiétude face à la mesure. Car le candidat UMP supprime, de fait, l'ISF, dont il promet le maintien dans la même interview. Déjà en décembre, dans l'émission Ripostes, sur France 5, Sarkozy assurait être «contre la suppression de l'ISF», ajoutant : «Quand on a gagné beaucoup d'argent, il est normal de payer plus d'impôt que les autres.»
Alors, à droite, on ergote : «L'ISF n'est pas supprimé, dit Dominique Paillé, le député UMP des Deux-Sèvres. On n'y touche pas, on aide les entreprises pour permettre d'aider l'investissement.» Une mesure qui vient s'ajouter à l'abaissement à 50 % du bouclier fiscal permettant aujourd'hui à un contribuable de limiter sa note d'impôt à 60 % de ses revenus.
«Ce qui compte, c'est la croissance, l'investissement, le travail», répète-t-on à l'UMP. Un programme qui vide l'ISF de sa substance sans aller jusqu'à assumer sa suppression. Il est vrai qu'il y a des symboles difficiles à abattre. Même lorsqu'on promet la «rupture».
Muriel GREMILLET
La France d'après....Sarkosy23/01/200722/01/2007Il n'y a pas si longtemps N°2Au secours... Alexandre, 28 ans sans-abri : "C'était un grand homme, avec un grand charisme, beaucoup d'humanité. Nous aurions besoin d'avoir ce type d'homme au pouvoir pour que les plus pauvres soient entendus et non pas des arrivistes qui ne pensent qu'à eux".
Gilles Vasseur, 57 ans sans-abri : "Sa mort ça me fait bien plus mal que la morsure du froid ce matin. Nous, les sans-abri, les sans-rien sommes aujourd'hui tous orphelins".
Richard Favel, 49 ans sans-abri : "Son appel est encore d'actualité, je voudrais moi aussi crier chaque matin "mes amis au secours", mais personne ne m'écouterais de toute façon. Il s'est beaucoup battu même quand il était très âgé mais les politiques n'ont pas bougé et les pauvres ont augmenté. Maintenant, avec le cirque de la campagne (électorale), on entend à nouveau des promesses. On y croit plus."
Vincent Destrille, 22 ans sans-abri : "Je ne vois plus ma famille mais c'est comme si mon grand-père était mort. A plus de 90 ans et en chaise roulante, il continuait à se battre contre les pourris".
Clément, 67 ans sans-abri : "C'est une grande perte pour nous. L'abbé était un vrai radical, il était attentif à tous, très actif et généreux. C'était un rêveur réaliste, très tourné vers la politique au sens noble. Quand on le compare aux Enfants de Don Quichotte dont on parle tellement en ce moment, on peut voir qu'il avait une vision, un courage sur le long terme alors qu'eux ils n'ont fait qu'un coup médiatique et ont voulu quitter le bateau très vite parce qu'ils n'ont aucune vision politique".
Jean-Pierre, 54 ans sans-abri : "Il a été un précurseur, il s'est révolté au nom des plus démunis. Nous sommes touchés au coeur par sa mort mais ce que nous revendiquons aujourd'hui c'est que les politiques dialoguent directement avec les SDF, que nous soyons acteurs de notre destin alors que la société nous a laissés au bord du chemin".

L'appel de 1954
Mes amis, au secours...
Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant hier, on l’avait expulsée...
Chaque nuit, ils sont plus de 2000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu. Devant l’horreur, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez urgent !
Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l’un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte Geneviève ; l’autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s’accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l’on lise sous ce titre CENTRE FRATERNEL DE DEPANNAGE, ces simples mots : « TOI QUI SOUFFRES, QUI QUE TU SOIS, ENTRE, DORS, MANGE, REPREND ESPOIR, ICI ON T’AIME »
La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l’hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure.
Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l’âme commune de la France. Merci !
Chacun de nous peut venir en aide aux "sans abri". Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain :
• 5000 couvertures,
• 300 grandes tentes américaines,
• 200 poêles catalytiques
Déposez les vite à l’hôtel Rochester, 92 rue de la Boétie. Rendez-vous des volontaires et des camions pour le ramassage, ce soir à 23 heures, devant la tente de la montagne Sainte Geneviève.
Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l’asphalte ou sur les quais de Paris.
Merci ! 20/01/200719/01/2007Christian Vanneste rechercherait le soutien de l'Église catholique
Selon un site Internet catholique, Christian Vanneste aurait écrit aux évêques de France afin de demander leur soutien. En attendant le verdict de son procès en appel pour avoir tenu des propos homophobes (il avait été condamné en première instance, et tandis qu'il ne se prive pas de répéter ces mêmes propos, le député UMP rechercherait ainsi le soutien de la principale inspiratrice de! ses discours: l'Église. Citant l'archevêque de Paris –«Monseigneur Vingt-Trois avait souligné que les différents aménagements législatifs de ces décennies reposaient sur l'idée que le mariage devait être fondé sur la seule affectivité, retirant par là toute possibilité d'expression de l'intérêt de la société»–, Christian Vanneste considère que cette remarque «rappelait aux parlementaires le véritable sens de leur mission», négligeant toute séparation de l'Église et de l'État. «C'est pourquoi, ajoute-t-il, après avoir reçu une lettre encourageante du Saint-Siège, et la bénédiction apostolique du Saint-Père, je ne puis que m'étonner du silence de l'Église de France et de la totale absence de soutien, ne serait-ce que moral et personnel, de la part de ses responsables.» Si Christian Vanneste se sent seul, il peut to! ujours se rassurer du soutien tacite de sa famille politique,! l'UMP, qui ne l'a toujours pas exclu malgré des promesses répétées. Il n'y a pas si longtemps / FASCISME ORWELLIEN.
Sarkozy veut ficher les enfants dès 3 ans
pour dépister les futurs délinquants
(lyonne-republicaine.fr) Ficher les enfants! Voilà le meilleur des mondes que s'apprête à proposer Nicolas Sarkozy. Afin de détecter dès leur plus jeune âge les futures graines de délinquants, le ministre de l'Intérieur vient de reprendre à son compte les conclusions - contestées - d'une étude de l'Institut national de recherche médicale (INSERM) préconisant un dépistage précoce, dès 3 ans, des troubles de conduite des enfants.
En brandissant cette étude pour justifier un fichage dès l'enfance, Nicolas Sarkozy dessine un futur inquiétant, très proche du régime fasciste imaginé par George Orwell dans son roman visionnaire "1984".
Nicolas Sarkozy a ainsi estimé qu'il fallait agir dès la maternelle ou l'école primaire pour contrecarrer des comportements déviants. Et d'indiquer qu'il allait proposer la création d'un carnet de suivi comportemental pour chaque enfant.
Peu importe que de nombreux médecins et spécialistes s'élèvent contre les conclusions de l'étude de l'INSERM, affirmant qu'il est impossible de prédire qu'un bambin deviendra un délinquant; Nicolas Sarkozy s'abrite derrière un vernis scientifique pour pousser ses pions d'une politique sécuritaire tous azimuts.
Pour rassurer une opinion publique choquée par l'horreur d'un fait divers, le ministre de l'Intérieur concocte un scénario digne d'Orwell. En même temps, on peut regretter que le carnet de suivi comportemental n'ait pas existé à l'époque où le petit Sarkozy usait ses fonds de culottes sur les bancs de l'école. Peut-être disposerions-nous aujourd'hui d'un intéressant instrument de décodage de sa personnalité. On imagine que, suivi de près, le petit Nicolas aurait ainsi pu s'attirer ce type de jugement: "Hyperactif, le sujet risque de présenter plus tard des tendances au populisme, voire au totalitarisme. Il convient donc de lui éviter tout accès à des responsabilités politiques"...
Non je n'ai pas changé....
Rester soi-même et devenir un autre. S'inventer en homme nouveau tout en restant un homme d'expérience. La fabrication d'un candidat à l'élection présidentielle passe par cette alchimie, un dosage délicat, entre les assurances martiales de l'homme ou de la femme publics et les doutes - humains, forcément humains - de l'homme ou de la femme privés.
Nicolas Sarkozy a porté très loin cet exercice de dévoilement. Dimanche 14 janvier, le président de l'UMP a choisi son premier discours de candidat investi par son parti pour dire sa vérité. Comme s'il s'agissait de l'urgence numéro un de sa campagne. Elevant ses souffrances personnelles au même niveau que ses épreuves politiques, il a, dans une litanie inouïe pour une réunion publique de cette importance, pris les milliers d'adhérents présents à témoin de ses "épreuves", de ses "échecs", de ses "doutes" pour leur dire : "J'ai changé." "L'élection présidentielle est une épreuve de vérité", a théorisé M. Sarkozy, en expliquant "qu'on ne peut pas partager la souffrance de celui qui connaît un échec professionnel ou une déchirure personnelle si on n'a pas souffert soi-même. On ne peut pas tendre la main à celui qui a perdu tout espoir si l'on n'a jamais douté". Bref, le candidat, qui a encore à faire la démonstration qu'il a changé, veut montrer qu'on ne peut rassembler les Français si on ne leur ressemble pas.
"L'échec professionnel" fait référence à la défaite d'Edouard Balladur, le candidat qu'il soutenait en 1995 ; à l'ostracisme dont il a été victime, au moins jusqu'en 1997, de la part des chiraquiens, et enfin à la contre-performance de la liste RPR-Démocratie libérale qu'il conduisait aux élections européennes de 1999. Concernant la "déchirure personnelle", chacun aura compris l'allusion à sa rupture temporaire avec son épouse Cécilia, ou, plus loin de nous, le divorce mal vécu de ses parents quand il était enfant.
Ces confidences ont un objectif. Il s'agit d'abord de convaincre les Français qu'il n'a pas toujours été le personnage ambitieux d'une success story sans accroc. En politique, l'échec peut être parfois plus séduisant que le triomphe. Les cicatrices se portent comme des décorations. En évoquant sa vie privée, il peut espérer que l'aveu d'un désordre sentimental tempérera son image d'homme d'ordre, illustrée jusqu'à la caricature par ses formules sur la "racaille" et le "Kärcher". Enfin, en faisant le pari de la sincérité, il semble indiquer que le président de la République qu'il veut être sera celui de l'authenticité.
M. Sarkozy n'est pas le premier, ni le seul, à faire ce pari. Lors de l'élection présidentielle de 1995, au sortir de quatorze années de mitterrandisme marquées par le culte obsessionnel du secret, Jacques Chirac, candidat du RPR, a compris le premier qu'il devait en passer par cette épreuve de vérité. Les circonstances s'y prêtèrent.
Seul par la force des choses après qu'Edouard Balladur eut attiré à lui la moitié des élus et la plupart des cadres de son parti, M. Chirac sut faire de son isolement la parabole de son courage. Pour le maire de Paris, l'urgence était de rompre avec l'image d'un homme de clan, d'ambitions et de calculs au centre de tous les coups, bons ou mauvais, de la vie de la droite depuis la fin des années 1960. D'un homme pressé, préoccupé par sa seule ambition et décrit à loisir par les giscardiens comme un "agité", il se fit passer pour "le candidat qui prend son temps". Ayant cessé d'être courtisé parce qu'il n'incarnait plus de chances réelles de victoire pour son camp, on le revêtit de toutes les qualités qu'il n'avait pas démontrées jusqu'alors : humanité, profondeur, compassion.
Mais il fallait encore, pour finaliser la fabrique du candidat, théoriser cette transformation. "Il s'est rejoint", expliquait, mystérieuse, sa fille Claude, interrogée sur la transformation de son père, comme si deux Chirac cohabitaient dans la même personne. "L'homme d'Etat, l'homme de coeur", lisait-on alors sur son matériel électoral. Afin d'illustrer l'émergence du "nouveau Chirac", ses déplacements de campagne prirent le rythme d'une visite de sénateur. Il se prêta au jeu de l'échange avec toutes les catégories professionnelles au cours d'interminables tables rondes. Ainsi, lors d'un déplacement à l'abbaye de Port-Royal-des-Champs (Yvelines), en février 1995, M. Chirac s'abîma dans la contemplation d'un portrait de Madame Arnault par Philippe de Champaigne. On apprit un peu plus tard qu'il n'aimait pas que la musique militaire et que les Indiens Taïnos étaient l'une de ses passions secrète.
PROJECTION DE L'IMAGE DE SOI
Pour l'avoir ignoré et avoir habité, toute la campagne, la peau d'un premier ministre sûr de lui et persuadé que sa fonction primait sur sa personnalité, M. Balladur n'est, en revanche, pas parvenu à s'incarner en président de la République. Il lui manqua le mystère, une passion secrète, une souffrance intime : quelque chose à avouer.
Lionel Jospin, d'une manière plus retenue, consentit lui aussi à cet exercice de vérité consistant à quitter les habits de sa fonction. Le 28 avril 1995, il fit cet aveu en forme de métaphore : "Grâce au peuple et à sa chaleur, j'ai fendu l'armure." Une manière de reconnaître que l'austère protestant qu'il était devait lui aussi changer de registre et mettre son âme à nu. Comprenant, après M. Chirac, que la présidentielle se joue sur une projection de l'image de soi dans toutes ses facettes, il admit encore que l'on pouvait le juger "compassé et trop pudique".
A l'inverse, sept ans plus tard, en 2002, M. Jospin choisit de jouer à fond des atouts supposés du pouvoir. Premier ministre apprécié pour sa pratique transparente et modeste du pouvoir, il s'enferra dans des dénégations à répétition - "C'est mon frère" à propos des révélations sur son passé de militant trotskiste ; "Ce n'est pas moi, cela ne me ressemble pas" en réponse aux attaques qu'il avait portées sur l'âge de M. Chirac - à chaque fois qu'il était en difficulté. La suite est connue.
L'enjeu de la mutation du candidat n'est pas neutre. Cette mue peut être un mythe, mais elle est en passe de devenir un exercice obligé pour le prétendant. En choisissant de placer le projecteur sur lui-même, M. Sarkozy invite Ségolène Royal à faire de même au risque de transformer l'élection en bataille d'ego. "J'ai compris que l'humanité est une force, pas une faiblesse", a-t-il encore expliqué aux militants venus l'écouter le 14 janvier. Dans son cas, il voudrait en faire aussi un atout politique. Comme si, pour convaincre les électeurs qu'il pouvait changer la France, il devait d'abord les persuader qu'il avait changé de peau.
Philippe Ridet. Le Monde.
18/01/2007Dit moi qui tu fréquentes et je te dirais qui tu es...
Café du commerce.
Lors d’un aparté sur le sport en séance du conseil de Montpellier Agglomération consacré principalement au débat d’orientation budgétaire. Son propos fut d’abord de stigmatiser les mauvais résultats du week-end des clubs de rugby et de handball de Montpellier que l’Agglo finance largement.
Voici le verbatim des propos que Georges Frêche a tenus. Verbatim officiel fourni par l’Agglo de Montpellier : « Quand les mecs crèvent la dalle, c’est les meilleurs joueurs du monde. Regardez les équipes de foot : y’a des Nord-Africains, des Français originaires de Tunisie, d’Algérie ou du Maroc à 80 %, des Africains. Regardez l’équipe de France de football : y’a 8 Africains sur 11. Parce qu’ils en veulent ! Ils utilisent le foot pour la promotion sociale et c’est très bien pour eux ! Nous, on est fatigués, tout va trop bien. Ça ressemble à ce film de Jamel Debouzze. Indigènes. On fait une équipe de foot d’indigènes. Mais moi je ne le dis pas comme Le Pen, qui le dit avec racisme. Y’aurait un Africain, deux ou trois... Mais là. Bon, j’ai vu récemment les All Blacks. Y’a un ou deux Maoris mais la plupart des joueurs, ce sont des Ecossais, des Anglais, dont les parents sont installés en Nouvelle- Zélande depuis trois générations. En Afrique du sud, ils constituent l’ossature de l’équipe des Blancs. Y’a aussi des Noirs. C’est une équipe sympathique, c’est un mélange. Mais en France, c’est plus un mélange, c’est la totalité. Bientôt, y’aura 11 noirs sur 11 en équipe de France. C’est une catastrophe pour le sport français. Ça veut dire qu’on est nuls, voilà la réalité. Moi, ça me peine ! Y’a encore que le rugby qui sort des champions. Le rugby, c’est des équipes normales. Y’a un ou deux Nord-Africains, y’a un ou deux noirs. C’est la composition de la population française. Mais le foot, c’est une catastrophe. C’est que des mercenaires ! Bon enfin... » Circulé...y a rien à voir !!!
17/01/2007La bande à Sarko
Christian VANNESTE
L'UMP prépare la candidature de Christian Vanneste aux législatives
La commission nationale d'investiture de l'UMP a réservé la 10ème circonscription du Nord au CNI, le Centre National des Indépendants et Paysans, parti politique associé à l'UMP, auquel appartient Christian Vanneste, actuel député de cette circonscription. Tout indique donc que le parti de la majorité s'apprête à laisser Christian Vanneste se présenter aux législatives de 2007, malgré sa condamnation pour propos homophobes en janvier, dont il a fait appel, et ses nombreuses déclarations dans le même sens depuis.Les parties civiles lors du procès contre Christian Vanneste ne s'estiment «malheureusement pas du tout surprises», à l'instar de Jérôme Martin, ancien président d'Act Up-Paris. «On ne pouvait pas attendre de l'UMP une décision qui aille dans le sens de la lutte contre l'homophobie. Nicolas Sarkozy s'était engagé à l'exclure en cas de récidive et il ne l'a pas fait», ajoute-t-il. Pas surpris non plus, SOS Homophobie estime que c'est «dans la suite logique des choses, l'UMP fait la sourde oreille à 100% sur les propos de Christian Vanneste».
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Christine BOUTIN
Une militante anti-PACS contre l'adoption d'enfants par des couples homosexuels
Christine Boutin s'oppose catégoriquement à l'adoption d'enfants par des couples homosexuels et aux diverses formes de reconnaissance de l'union entre deux homosexuels (hommes ou femmes ), puisqu'elle considère que le mariage a été institué pour qu'un homme et une femme aient les moyens de fonder une famille.
En 1998, elle fut la chef de file de la campagne anti-PaCS et déclara le 3/11/98 lors du débat sur le PACS à l'assemblée nationale: « Qu’est-ce que l’homosexualité, sinon l’impossibilité d’un être à pouvoir atteindre l’autre dans sa différence sexuelle ? (…) Toutes ces acrobaties biologiques et sociales pour justifier l’accession d’un couple homosexuel à la paternité ou la maternité me semblent relever d’un fantasme narcissique d’auto-engendrement. »
Elle dit pourtant "aimer les homosexuels" comme n'importe quel autre être humain tel que l'enseigne la charité chrétienne. Elle déclare entretenir de bonnes relations avec les associations homosexuelles.
Une militante du "respect de la vie humaine " favorable à une remise en cause de l'avortement.
Lors de son premier mandat de député, Christine Boutin a été coprésidente, avec l'ancien député RPR Hector Rolland, et le comte Michel de Rostolan, ancien député de l'Essonne d'un « groupe d'études parlementaire pour favoriser l'accueil de la vie ». Ce groupe entretient des relations privilégiées avec l'AOCPA (Association pour l'objection de conscience à toute participation à l'avortement), association catholique responsable de l'organisation, le 17 janvier 1988, d'une « marche nationale pour le droit à la vie ».
En 1995, elle devient Consulteur du Conseil Pontifical pour la famille créé par Jean-Paul II. Elle travaille par ailleurs à l'Assemblée Nationale sur ce thème en rédigant avec Etienne Pinte et une centaine de parlementaires le rapport "Osons la Famille!"
Maréchal nous voila...Travail.Famille.Patrie.16/01/2007Les origines du Sarkozysme.15/01/2007Naboléon Sarkozy UMPereur
14/01/200714 Janvier 2007. Imaginez la France d'après !13/01/200712/01/200711/01/2007"Un bilan globalement négatif"
Le Nouvel Observateur. – Quand Nicolas Sarkozy est arrivé au ministère de l’Intérieur au printemps 2002, il s’est fait fort de s’attaquer au problème de l’insécurité, l’un des thèmes qui avait fait perdre la gauche à l’élection présidentielle. Mission accomplie ?
Sébastian Roché. CNRS – Sans jugement idéologique, la réponse est non. J’examine les faits et les chiffres. Je compare les promesses qui ont été faites et celles qui ont été tenues. En cinq ans, Nicolas Sarkozy n’a pas réussi à stabiliser, ni même à faire baisser, les violences les plus graves≈: violences urbaines, violences aux personnes, trafics de drogues dures.
N. O. –Pour défendre son bilan, il avance cette statistique≈: depuis qu’il est Place-Beauvau, la délinquance a baissé de 9%. Sous Lionel Jospin, elle avait augmenté de 14%...
S. Roché. – Le pourcentage global est exact, mais il n’exprime qu’une partie de la réalité. Car certains crimes et délits ne sont pas pris en compte par les statistiques officielles de la délinquance. Nous y reviendrons plus loin. Examinons d’abord les chiffres du ministre. Qu’est-ce qui baisse depuis quelques années ? Les atteintes aux biens. Ou pour parler plus simplement les vols, qui représentent aujourd’hui près des trois quartsdes quelque 3,3 millions de faits de délinquance recensés par la police – le reste se partage entre les atteintes aux personnes et les infractions économiques et financières. Nul besoin d’être un grand statisticien pour comprendre que si le « poste vol » – de loin le plus important – diminue, alors le chiffre global de la délinquance décroît aussi. Mais cette baisse globale de 9% cache des hausses.
N. O. – Le recul des vols, ce n’est quand même pas négligeable...
S. Roché. – Evidemment. Cependant, la décrue observée aujourd’hui en France se produit dans toute l’Europe. Partout, il y a moins de vols d’automobiles ou dans les magasins. En France comme dans des pays où Nicolas Sarkozy ne dirige pas la police ! Nous sommes dans la moyenne sans plus par rapport à nos voisins.
N. O. – La diminution des atteintes aux biens n’a rien à voir avec l’action de Nicolas Sarkozy ?
S. Roché. – Ni avec celle d’aucun autre ministre de l’Intérieur ! Elle est due à l’amélioration des systèmes de protection. Les constructeurs de voiture, par exemple, sensibles aux demandes des consommateurs, ont développé les alarmes, les coupe-circuit ou les serrures renforcées. Et les hypermarchés se sont équipés de vidéosurveillance ou de portiques.
N. O. – Venons-en au bilan en matière d’atteintes aux personnes, peu flatteur selon vous pour Nicolas Sarkozy...
S. Roché. – Reportons-nous aux chiffres du ministère de l’Intérieur. En mai 2002, quelques jours après l’arrivée de Nicolas Sarkozy Place-Beauvau, selon la définition de l’OND (Observatoire national de la Délinquance), on compte 372 263 atteintes à l’intégrité physique. A la fin de l’année 2006, on en dénombre 432 441. Cela représente 60 178 faits de violence supplémentaires, soit une hausse de 16% (voir encadré 4).
N. O. – Ce chiffre n’est jamais mis en avant dans les communiqués officiels ou les discours du ministre. C’est le chiffre noir de Nicolas Sarkozy ?
S. Roché. – C’est un chiffre à replacer dans une évolution générale. A l’inverse des vols, depuis les années 1980 les atteintes aux personnes augmentent de façon continue dans d’autres pays d’Europe. Et comme pour les atteintes aux biens, les explications ne sont pas à rechercher en priorité dans l’action ou l’inaction de la police. Elles dépendent en grande partie des conditions socio-économiques ou familiales. On sait notamment que la précarité favorise la frustration et l’agression... En France, en vingt ans, ce type de violence a été quasiment multiplié par trois. C’est un mouvement de fond qui ne dépend pas de la couleur politique du ministre de l’Intérieur.
N. O. – Il n’y a aucune différence selon que l’on est sous Chevènement, Vaillant ou Sarkozy ?
S. Roché. – On observe des variations à la marge. Des hausses plus ou moins rapides sous l’effet du contexte, mais globalement l’arrivée de Nicolas Sarkozy ne marque aucune amélioration décisive dans la lutte contre les violences. Son bilan est un bilan moyen, qui ressemble à ceux des autres ministres de l’Intérieur. La communication en plus. C’est là qu’est le vrai changement : Nicolas Sarkozy a nommé sans fard l’insécurité et ses ravages. Mais il a aussi voulu croire, ou laissé croire, que la police allait, à elle seule, résoudre ce problème que l’on disait numéro un en 2002. C’est en fait impossible. Aujourd’hui, la déception peut être d’autant plus grande que ce sont les actes graves qui progressent le plus.
N. O. – Une récente enquête de l’Insee estime qu’en 2005 la délinquance a été trois fois supérieure aux chiffres constatés par la police...
S. Roché. – Cette étude repose sur une enquête auprès de personnes qui affirment avoir été victimes et non sur les faits comptabilisés par la police. Au sein même du ministère de l’Intérieur, on s’interroge sur cet écart entre la statistique officielle et la réalité vécue. Mais le ministère ne change rien à ses méthodes de comptage.
N. O. – Le ministre de l’Intérieur dit souvent que ces chiffres auraient été meilleurs sans les émeutes de l’automne 2005...
S. Roché. – Cet argument est curieux. D’abord, les délits commis pendant ces émeutes n’expliquent pas à eux seuls l’augmentation continue des violences urbaines. Ensuite, Nicolas Sarkozy lui-même n’a cessé de répéter que les émeutiers étaient des « voyous » et des délinquants récidivistes. Et on devrait exclure leurs délits du bilan ?
N. O. – Nicolas Sarkozy avait promis de « karchériser » certains quartiers, de s’attaquer aux « zones de non-droit »...
S. Roché. – Pourtant il s’est comme les autres cassé les dents sur les quartiers difficiles. Contrairement à ses annonces, la police n’a pas porté le fer dans ce que l’on appelle des « zones urbaines sensibles », les ZUS. Dans la plupart de ces zones, les atteintes aux biens et aux personnes les plus graves progressent.
N. O. – En octobre, dans un 20-Heures de TF1, Nicolas Sarkozy affirmait≈: « La délinquance a reculé dans chacun des départements de la région parisienne, y compris la Seine-Saint-Denis, et elle a reculé fortement »...
S. Roché. – Une affirmation démentie par les chiffres (voir encadré 7). Selon les chiffres de l’Observatoire national de la Délinquance (OND), entre décembre 2005 et novembre 2006 les atteintes aux biens ont progressé de plus de 9% en Seine-Saint-Denis et les atteintes aux personnes de 12%. Chose peu connue, le taux d’homicide y est aussi nettement plus élevé que dans le reste des départements de la région parisienne. Nicolas Sarkozy a mis un coup d’arrêt à la police de proximité – ce modèle très prometteur pas réellement mis en œuvre par la gauche –, mais ses dispositifs n’ont pas été plus efficaces pour éradiquer les noyaux durs de la délinquance. Les chiffres livrent un paradoxe très éclairant≈: c’est dans les départements où la délinquance est la moins élevée qu’elle a le plus diminué ces dernières années ! Dans la Creuse (moins 26% entre 2002 et 2005) ou dans l'Ariège (moins 22,5 %). En revanche, plus un département est « criminogène », plus la baisse de la délinquance y est faible ! Ainsi, toujours entre 2002 et 2005, elle baisse de moins 0,5% en Seine-Maritime ou de moins 0,1% dans les Bouches-du-Rhône.
N. O. – Pourtant, selon le ministère de l’Intérieur, « les groupes d’interventions régionaux (GIR) mènent une action sans relâche afin de combattre l’économie souterraine, principalement dans les quartiers sensibles ». Depuis de début de l’année 2006, les GIR, l’une des innovations phares de Nicolas Sarkozy, ont procédé à 589 opérations (voir encadré 8)...
S. Roché. – Initiés par Chevènement, étoffés par Sarkozy, |
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